Troubles du spectre de l'alcoolisation feotale (TSAF) - Une priorité de santé publique qui nous concerne tous

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À l’occasion du 8e congrès européen EUFASD, qui se tient pour la première fois en France du 13 au 16 septembre 2026, le Dr Nicolas Prisse, président de la MILDECA, réaffirme l’importance de prévenir les troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF). Première cause de handicap mental non génétique en France, les TSAF constituent un enjeu majeur de santé publique. Leur prévention commence bien avant la grossesse et mobilise l’ensemble de la société, des futurs parents aux professionnels de santé, en passant par les acteurs de la prévention, de la recherche et de l’accompagnement.

Changer notre rapport à l’alcool pour mieux prévenir les TSAF

Les troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) constituent la première cause de handicap mental non génétique en France. Graves, fréquents et évitables, ils peuvent avoir des conséquences durables sur le développement, la scolarité, la vie familiale et les parcours sociaux et judiciaires. Leur prévention ne peut toutefois pas se limiter à la période de la grossesse ni aux seules femmes enceintes : elle commence bien avant la conception et nous concerne tous. Faire reculer les TSAF suppose notamment de faire évoluer les représentations collectives autour de l’alcool, de protéger davantage l’enfance et l’adolescence et de rappeler que la consommation d’alcool ne constitue pas un rituel nécessaire d’intégration sociale. Si les consommations des jeunes diminuent depuis quinze ans, elles restent fréquentes : en 2024, plus d’un élève de sixième sur trois, près d’un collégien sur deux et près de trois lycéens sur quatre déclaraient avoir déjà consommé de l’alcool.

La prévention des troubles de l’alcoolisation fœtale commence ainsi bien avant la grossesse et ne concerne pas que les femmes. Elle nous concerne tous.

Dr Nicolas PRISSE, Président de la MILDECA

Mobiliser les futurs parents et les professionnels de santé

La prévention doit également mobiliser les futurs parents et les professionnels de santé. Les pères et coparents ont un rôle essentiel à jouer : leur consommation peut rendre plus difficile le maintien de l’abstinence de la mère et leurs consommations avant la conception peuvent avoir des conséquences sur le développement fœtal. La Haute Autorité de Santé recommande ainsi le principe de « zéro alcool dès le projet d’enfant et/ou dès l’arrêt d’une contraception », pour les femmes comme pour les hommes. Le suivi de grossesse constitue par ailleurs une occasion privilégiée de repérer et d’accompagner les consommations à risque. Pourtant, un quart des femmes enceintes n’ont pas été interrogées sur leur consommation d’alcool durant la grossesse. Renforcer la formation des professionnels, généraliser le repérage précoce et l’intervention brève et développer la démarche « réflexe prévention » sont autant de leviers pour faire de chaque contact avec le système de santé une opportunité de prévention.

Mieux repérer, diagnostiquer et accompagner

Enfin, mieux prévenir les TSAF suppose de mieux les repérer, les diagnostiquer et accompagner les personnes concernées tout au long de leur parcours. La recherche ouvre des perspectives importantes, notamment avec des travaux soutenus en 2026 par le Fonds de lutte contre les addictions sur le dépistage de l’exposition prénatale à l’alcool à partir de buvards néonatals. La création à la Réunion d’un centre national de ressources dédié aux TSAF va également renforcer l’expertise et l’accompagnement des professionnels. De même, des initiatives comme le site « TSAF & justice » contribuent à mieux faire connaître ces troubles aux acteurs judiciaires et aux forces de l’ordre. La prévention des TSAF repose ainsi sur une mobilisation collective, de la prévention des consommations à l’accompagnement des personnes concernées, en passant par la recherche, le soin et la formation des professionnels.

Les Troubles du Spectre de l’Alcoolisation Fœtale (TSAF) ont des répercussions profondes et variées, qu’elles soient scolaires, familiales ou encore judiciaires. Ces conséquences, souvent méconnues ou mal comprises, soulignent l’urgence de doter tous les acteurs concernés, y compris ceux éloignés du champ médical ou social, des clés pour mieux les appréhender.

Dr Nicolas PRISSE, Président de la MILDECA