TAPAJ pour les jeunes et avec les jeunes

La semaine dernière fut l’occasion de fêter les 10 ans du programme Travail Alternatif Payé à la Journée, à Bordeaux, où il avait été expérimenté pour la première fois en 2012/2013 par le Comité d’Etude et d’Information sur la drogue et les Addictions (CEID).

TAPAJ 10 ans à Bordeaux
De jeunes Tapajeuses témoignent à l'occasion du 10e anniversaire à Bordeaux

La MILDECA est très heureuse d’avoir participé à ce 10ème anniversaire de TAPAJ organisé par l’association TAPAJ France et son délégué national, Jean-Hugues Morales. La MILDECA a soutenu TAPAJ depuis l’expérimentation bordelaise et a inscrit ce programme dans les deux derniers plans nationaux relatifs à la politique de lutte contre les drogues et les conduites addictives. Le Dr Nicolas Prisse, président de la MILDECA, a souhaité confirmer par sa présence à cet anniversaire l’importance de cet outil innovant au services des politiques publiques, des collectivités locales et surtout des jeunes eux-mêmes.

En quoi consiste TAPAJ ?

Inspiré d’un dispositif Québécois, TAPAJ s’adresse à des jeunes marginalisés, usagers de drogues et sans domicile fixe ou vivant dans des quartiers défavorisés, pour leur proposer un emploi et une porte de sortie de l’addiction.

Aujourd’hui ce sont plus de 60 sites TAPAJ qui sont déployés sur l’ensemble du territoire grâce notamment à l’intégration de TAPAJ dans la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté à partir de 2019. TAPAJ fait également partie de stratégie nationale de prévention de la délinquance.

Qui sont ces jeunes concernés par TAPAJ ?

Ils ont moins de 25 ans, ils sont sans ressources, en errance la plupart du temps et usagers de drogues, souvent poly- consommateurs.

Que leur propose TAPAJ ?

Malgré le profil des jeunes TAPAJeurs, qui cumulent toutes sortes de handicap, TAPAJ fait le pari que l’accès direct mais progressif à un travail rémunéré, associé à un accompagnement social, médical et administratif vont permettre à ces jeunes de retrouver une place dans la société. Avec TAPAJ ils ont accès à des ressources légales, et retrouvent une estime d’eux-mêmes ainsi qu’une motivation pour entrer dans une démarche de réduction des risques par rapport à leurs consommations de substances psychoactives. 

Et ça marche !

Les évaluations nous le disent. La MILDECA a financé deux évaluations en 2015 et 2020 pour apprécier l’efficacité de TAPAJ et modéliser le programme afin qu’il soit plus facilement accessible aux acteurs locaux qui souhaitent le mettre en place avec l’appui de TAPAJ France. La dernière évaluation montre que plus de 60 % des Tapajeurs connaissent une amélioration globale de leur situation et seule une minorité fait état d’une détérioration ou d’une stagnation de leur situation.

Les clés de la réussite sont notamment dans l’accompagnement global de ces jeunes sur l’ensemble de leurs problématiques, sans condition. Plutôt que la juxtaposition de solutions portées par diverses institutions ou professionnels, TAPAJ propose un ensemble de réponses coordonnées adapté à la situation de chacun.

Un tel dispositif qui allie prévention, insertion, et réduction de risques représente un coût humain et financier bien moindre que la prise en charge des dommages sociaux et sanitaires qui s’accumulent dans le parcours de ces jeunes en grande difficulté.

Les collectivités locales sont un acteur majeur de l’implantation de TAPAJ dans les territoires à côté des entreprises qui s’engagent en faveur de l’insertion des jeunes en proposant « des plateaux de travail » qui représentent pour certains la première expérience dans un emploi. L’économie sociale et solidaire participe aussi au modèle TAPAJ par le biais des Associations Intermédiaires (A.I).