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Risques

16/11/2015

(politique de réduction des). Politique privilégiant, avant toute autre considération, des stratégies de soin et de prévention visant à limiter au maximum les risques sanitaires (infections, etc.) et sociaux (exclusion, précarité, etc.) liés à l'usage de substances psychoactives et, particulièrement, des substances illicites.

La politique de réduction des risques (RdR) constitue un mouvement international et une doctrine disposant d'une certaine cohérence. Elle représente un tournant majeur, probablement l'un des plus importants survenus depuis une trentaine d'années dans le champ des politiques en matière de drogues. Son objectif reste modeste, mais cette modestie même est le fruit d'une analyse qui prend en compte, à la fois, la nature des drogues, les cadres légaux qui interdisent certaines d'entre elles, et l'état de l'opinion publique.

La réduction des risques représente une stratégie de changement, face à des politiques moins contre-productives que les politiques marquées par un esprit prohibitionniste intransigeant, dont l'échec est devenu patent. La force de la RdR est née de ses succès face à une situation inédite, apparue avec les années 1980, et caractérisée par la conjonction de risques sanitaires nouveaux (la transmission par seringues usagées des virus du sida et des diverses hépatites) et de l'exclusion de toute prévention, et de tout accès aux soins, de pans entiers de la population des toxicomanes.

Des exigences fondamentales

Qu'est-ce qui caractérise principalement la réduction des risques et quel est son objet ? Tout d'abord, elle considère l'usage de drogues comme un fait que nulle politique ne saurait faire magiquement disparaître. Elle constate, ensuite, que la grande majorité des toxicomanes ne veut pas ou ne peut pas cesser du jour au lendemain tout usage. En conséquence, n'adresser une offre de soins qu'à ceux qui souhaitent arrêter tout usage revient à ignorer l'immense majorité des usagers de drogues.

Promouvoir une réduction des risques, c'est également être sensible aux situations qui rendent vulnérable à l'usage de drogues ou, pour être plus précis, à un usage " problématique " ou " dysfonctionnel " : la misère sociale, l'appartenance à une minorité ethnique, le fait d'être une femme et/ou l'addition de tous ces facteurs créent les conditions des usages les plus destructeurs. D'où un souci constant de créer des outils de prévention et de soin en direction des populations les plus marginalisées.

La réduction des risques est mobilisée par les urgences de santé publique et, d'abord, par la dissémination des virus transmissibles (V.I.H., hépatites) parmi les usagers de drogues par voie intraveineuse. Elle milite pour que soient levées les contradictions les plus flagrantes entre urgences de santé publique et politiques répressives (pour ne donner qu'un exemple, un dispositif mobile d'échange de seringues ne peut fonctionner si la police se poste à proximité pour harceler les usagers !).

Plus généralement, la réduction des risques se conçoit sur la base de quelques distinctions qu'elle considère comme fondamentales, même si elles sont encore loin d'être consensuelles.

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