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Héroïnomanie

16/11/2015

Dépendance par usage exclusif ou dominant d'héroïne, essentiellement par injection intraveineuse.

La population mondiale des héroïnomanes est estimée à 5 ou 10 millions de personnes. Selon l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies, la population d'héroïnomanes européenne se situe dans une fourchette de 750 000 à 1 million d'individus, dont plus de 200 000 suivent un traitement de substitution.

Les héroïnomanes, en France, sont au nombre de 160 000 à 180 000. Il s'agit d'individus consommant la drogue comme substance addictive principale, de façon prolongée et régulière : les estimations ne prennent pas en compte les usagers occasionnels, ni les toxicomanes très marginalisés dont l'accès aux soins reste souvent très problématique et qui ne sont pas pris en compte, pour nombre d'entre eux, par les statistiques sanitaires.

En 1997, 11 885 personnes ont été interpellées pour une affaire en rapport avec l'héroïne : environ 9 000 usagers simples et 2 700 usagers-revendeurs. Les interpellations pour usage d'héroïne sont en nette diminution : cela peut s'expliquer par une relative désaffection à l'égard de cette drogue et par l'impact des messages de prévention, mais doit s'interpréter, surtout, comme une conséquence de la généralisation des traitements de substitution depuis 1995.

L'âge moyen des héroïnomanes augmente partout en Europe et la pratique même de l'héroïnomanie tend à diminuer dans les grandes agglomérations, pour se diluer dans les villes de taille moyenne ainsi que dans les zones rurales. Actuellement, l'âge moyen des usagers interpellés en France, selon les données de l'OCRTIS (1998), est d'environ 27 ans. Près de 60 % d'entre eux ont plus de 25 ans. Il s'agit de façon très dominante d'hommes (83 % des cas). 72 % de ces usagers n'exercent aucune activité professionnelle ; 87 % sont de nationalité française. Les comportements de dépendance simultanée à l'égard de diverses substances psychoactives sont en augmentation régulière.

Effets recherchés par l'héroïnomane

La trajectoire de l'usager d'héroïne passe par des phases distinctes. Au début, l'usage de la drogue induit une sensation d'apaisement des tensions psychiques, une euphorie ; surtout, les injections déterminent un " flash " (de l'anglais, " éclair "), le plus souvent décrit comme une sensation de plaisir organique intense, volontiers comparé à une manière d'orgasme général, se caractérisant par une montée de chaleur irradiant progressivement dans tout le corps, alors même que toutes les sensations synesthésiques s'abolissent de façon temporaire. Cet effet très puissant est suivi d'une phase stuporeuse accompagnée parfois de nausées, de vertiges résultant de troubles de la tension et d'un ralentissement du rythme cardiaque.

Cette phase dure en général quelques semaines. Elle s'accompagne d'une augmentation progressive de la fréquence des injections et de la survenue de troubles somatiques divers (constipation, anorexie, sueurs profuses, insomnie).

La phase de dépendance s'installe rapidement dans la majorité des cas. Parvenu à ce stade de sa trajectoire, le consommateur devenu toxicomane passe successivement par de brèves phases où il se sent équilibré, puis par des phases où il est sous l'emprise du produit (apathie, obnubilation) et par d'autres où il apparaît anxieux, parfois agressif, lorsqu'il est en manque. Le plaisir fort décrit au début de l'intoxication a alors disparu, et la consommation vise avant tout à prévenir les sensations psychiques et physiques péjoratives liées au manque.

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