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Drogue de synthèse

16/11/2015

Appellation générique de diverses substances psychoactives spécifiquement conçues pour leurs effets euphorisants, stimulants et parfois, notamment à doses fortes, hallucinogènes. Les drogues de synthèse, dont le type est l'ecstasy, font l'objet, pour l'essentiel, d'un usage "récréatif". Il n'empêche que nombre d'entre elles sont de forte toxicité. Syn. : designer-drug, en anglais "drogue sur mesure".

L'irruption des drogues de synthèse sur le marché représente une rupture dans l'histoire des psychotropes. Il s'agit de substances intentionnellement synthétisées en vue de servir les revendications utilitaristes des consommateurs. Selon un rapport de l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (1997), 3 % des adultes de l'Union européenne ont d'ores et déjà expérimenté des drogues de synthèse, essentiellement de l'ecstasy, la proportion variant entre 0,7 % en France et 8 % au Royaume-Uni.

La montée en puissance de la consommation de ces drogues tient aussi au fait qu'elles présentent bien des avantages pour les organisations criminelles qui les produisent. En effet, on peut les fabriquer n'importe où, ou presque, et à proximité immédiate des zones de consommation. Il est aisé de les dissimuler. Compte tenu de la facilité de leur synthèse à partir de matières premières d'emploi très courant dans l'industrie chimique, les profits engrangés sont considérables. Enfin, dans une certaine mesure, il apparaît possible de ruser avec le système répressif et l'arsenal législatif : la structure de ces drogues est inlassablement modifiée par les chimistes clandestins, de façon à obtenir des dérivés toujours plus puissants, échappant autant que possible au contrôle légal du fait qu'ils ne sont pas encore inscrits, et pour cause, sur les listes de stupéfiants.

Le terme de designer-drugs est apparu dans les années 1960, pour désigner un ensemble de dérivés des amphétamines, les phényléthylamines, aux propriétés psychotropes jusqu'alors inemployées. La plupart de ces produits furent conçus par un biochimiste spécialisé dans ce domaine, Alexander Shulgin, sur le modèle de l'ecstasy. Les drogues de synthèse furent adoptées par la communauté artistique et intellectuelle de la côte ouest des États-Unis, en quête de substances mieux contrôlables et plus stimulantes que - pour l'essentiel - le LSD. Leur usage s'est généralisé dans les années 1970 puis, surtout, dans les années 1980, dans les milieux de la fête et de la vie nocturne (discothèques homosexuelles, raves).

Ces substances psychoactives, très nombreuses, sont difficiles à inventorier. Elles se présentent sous forme de comprimés ou de gélules dont la composition demeure incertaine et dont l'analyse est complexe. On peut les grouper en quatre catégories. Chaque groupe de produits développe un type d'action pharmacologique qui lui est propre et, souvent, chaque molécule, dans un groupe donné, a ses singularités. Il est impossible d'entrer ici dans le détail de ces effets.

1) Les phényléthylamines sont chimiquement apparentées à un produit naturel, la mescaline. Plus de deux cents dérivés sont connus, et l'imagination des laboratoires clandestins semble sans limites. Ces substances induisent à la fois des effets stimulants, évoquant un peu ceux des amphétamines, et des effets psychodysleptiques faibles. Les modifications structurales sur le squelette type des amphétamines leur confèrent des effets hallucinogènes marqués, et leur permettent de conserver, pour partie, les propriétés psychostimulantes propres aux amphétamines, sans pour autant avoir des effets sympathomimétiques aussi puissants (ce qui réduit quelque peu les risques cardio-vasculaires). Ces designer-drugs psychostimulants sont actives à des doses variant entre 10 et 150 mg selon les molécules et elles s'

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