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Cocaïnomanie

16/11/2015

Dépendance à la cocaïne SYN. (vieilli) : cocaïnisme.

La consommation de cocaïne a commencé à avoir cours dès la fin du XIXe siècle, par prise nasale (ce qui - bien à tort - paraissait donner à la pratique un caractère anodin) ou par voie orale dans des boissons toniques. La drogue était parfois associée à la morphine.

L'usage toxicomaniaque du produit fut favorisé par son emploi dans le traitement des morphinomanes : les premières descriptions de consommation abusive relèvent d'observations faites dans ce cadre. Les dangers de la pratique apparurent rapidement.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'usage de cocaïne concerna essentiellement les classes supérieures de la population : médecins et pharmaciens, notamment, étaient nombreux parmi ses adeptes. Puis, rapidement, cet usage s'étendit aux couches défavorisées (chômeurs, alcooliques, prostituées) ainsi qu'aux milieux intellectuels et artistiques. À Paris, Montmartre, Montparnasse puis le Quartier latin devinrent de hauts lieux de consommation. La cocaïne fut la première drogue illicite donnant lieu à un trafic organisé. C'est elle qui fit apparaître la figure emblématique du fournisseur (le futur dealer) et qui donna lieu au développement de la pratique du coupage des drogues par des adultérants.

Les mesures répressives n'eurent qu'un impact limité. Elle confortèrent surtout le caractère clandestin du trafic et de la consommation, qui, des années 1930 aux années 1970, intéressa surtout le milieu artistique et littéraire.

La consommation de cocaïne s'accrut à partir de la fin des années 1970, sous l'impulsion des cartels sud-américains, qui cherchaient à écouler une production devenue pléthorique en diminuant le prix de la drogue. Le free-basing (pratique d'inhalation) se répandit aux États-Unis à partir des années 1970, et la consommation du crack, un dérivé fumable de la cocaïne, connut dans les années 1980 une extension fulgurante en Amérique, puis, rapidement, en Europe et dans le reste du monde.

Épidémiologie

On peut distinguer, de façon schématique, deux types de population consommatrice : un milieu financièrement aisé (cadres, professionnels du show-bizz, étudiants), qui intègre l'usage de cocaïne (prisée ou, plus couramment " sniffée ") dans une stratégie de dopage (liée au contexte contemporain de valorisation sociale de la performance et de la productivité), et un milieu souvent marginalisé, qui recourt à la cocaïne (injectée) ou au crack dans un cadre de polytoxicomanie.

En France, selon les estimations policières, le profil type de l'usager de cocaïne est celui d'un jeune homme de 28 à 30 ans, sans profession déclarée ou dont la profession est en relation avec le monde du spectacle ou les milieux intellectuels et artistiques. Ces observations demeurent évidemment lacunaires. La population des usagers est probablement de l'ordre de 600 000 à 700 000 personnes et tend à augmenter rapidement. Selon l'O.F.D.T., en 1995, 0,7 % des adolescents français avaient consommé au moins une fois de la cocaïne dans les trois derniers mois précédant l'enquête.

Pratiques de consommation

Comme la cocaïne est aisément résorbée au niveau des muqueuses, certains consommateurs mettent leur muqueuse nasale à contribution (restant ainsi fidèles à la figure classique du cocaïnomane, telle qu'elle s'est fixée il y a un siècle), et prisent la drogue. La ligne (ou le rail) de coke est sniffée à l'aide d'une paille. L'action est obtenue en deux ou trois minutes.

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