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Cannabisme

16/11/2015

Dépendance aux préparations psychoactives à base de cannabis

L'usage du cannabis est très fréquent, notamment parmi les adolescents. Les interpellations pour usage et usage avec revente de cannabis ont triplé depuis le début des années 1990 : plus de 66 000 personnes ont été interpellées en France dans ce cadre en 1997, dont environ 88 % d'usagers simples et 14 % de mineurs. Les usagers de cannabis représentent environ 80 % de tous les usagers de stupéfiants interpellés en France. Les saisies de drogue sont à la mesure de la consommation : 3,5 tonnes d'herbe, plus de 51 tonnes de haschisch pour environ 3 500 trafiquants de cannabis interpellés (630 d'envergure internationale, 2 200 locaux et 660 simples revendeurs) [source : OCRTIS, 1998].

Cela ne fait évidemment que traduire un mouvement général. Entre 13 et 15 % des adultes de l'Union européenne ont déjà consommé du cannabis : ces chiffres vont jusqu'à 21 % au Royaume-Uni et 31 % au Danemark. 40 % des jeunes Danois (de 16 à 44 ans) ont consommé au moins une fois du haschisch. Le nombre d'usagers aux Pays-Bas est deux fois inférieur au chiffre généralement avancé, si l'on s'intéresse à l'ensemble du pays et non seulement à la situation à Amsterdam : seulement 2 à 3 % des adolescents néerlandais de plus de 12 ans ont consommé du cannabis sur une période de un mois, contre 4 à 5 % aux États-Unis.

Profil de l'usager de cannabis

L'appréciation du profil de l'usager varie selon la nature des données recueillies. Pour les services de répression, il s'agit d'individus jeunes (81 % ont moins de 26 ans et 48 % moins de 21 ans). 98 % des usagers de stupéfiants de moins de 15 ans sont usagers de cannabis . La population consommant la drogue est masculine (93 % des consommateurs). L'usager interpellé est dans 55 % des cas sans profession ; lycéens ou étudiants représentent près de 22 % des interpellations pour usage.

Une enquête ethnographique menée par l'I.R.E.P. (1997) porte un éclairage différent sur l'usage du cannabis. Il s'agit, dans 70 % des cas, d'un homme, d'une personne d'environ 28 ans bien insérée socialement, mais toutes les classes d'âge sont concernées. 49 % des usagers ont fait des études supérieures, 23 % se sont arrêtés au terme d'études secondaires prolongées jusqu'au baccalauréat, 66 % exercent un métier et 24 % sont étudiants. La plupart des usagers contrôlent leur consommation, même si 56 % d'entre eux déclarent en consommer au moins une fois par jour. Seulement 2 % d'entre eux reconnaissent ne plus pouvoir se priver du cannabis. Le coût des acquisitions en produit varie entre 500 et 600 F par mois.

Le haschisch est le plus fréquemment consommé (78 % des usagers), mais l'herbe est nettement préférée (61 % des usagers) : elle reste cependant plus chère et plus difficile à trouver, à moins de la cultiver soi-même, ce que font les usagers dans 25 % des cas. 8 % des consommateurs ne fument pas le cannabis mais le mangent ou le boivent en tisane afin d'éviter la consommation de tabac. On consomme essentiellement chez des amis (97 % des cas) ou à domicile (88 %). L'usage au travail représente 30 % des cas, et 33 % des usagers déclarent fumer n'importe où, y compris dans les lieux publics.

L'âge de la première consommation oscille autour de 16 ans pour les garçons comme pour les filles. Certains usagers déclarent avoir commencé très jeunes, à dix ans ou moins.

Le sentiment de dépendance n'est corrélé ni aux quantités fumées ni aux fréquences de consommation. Aucun élément épidémiologique ne permet de soutenir l'idée d'une escalade faisant passer de l'usage du cannabis à celu

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