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Alcoolodépendance

16/11/2015

(traitement de l'). La prise en charge du patient dépendant de l'alcool, comme celle de tout toxicomane, repose avant tout sur un suivi psychothérapeutique à long terme, éventuellement étayé par un traitement médicamenteux et un accompagnement social durable.

Le temps du sevrage

La première démarche du médecin vise à préciser la nature comme l'authenticité de la demande du patient, en essayant de cerner son vécu personnel de l'alcoolisation (antécédents de traitements, usage de l'alcool, effets ressentis, désir de reconstruire des liens sociaux, situation familiale et professionnelle, plaintes somatiques, etc.). C'est l'occasion d'un bilan organique systématique.

Le protocole du sevrage (cure et postcure) s'élabore en partenariat avec le patient et se joue dans la durée. La cure vise, à partir de l'expérience du sevrage, à permettre au patient de prendre conscience de sa dépendance. Elle peut avoir lieu en milieu institutionnel ou en ambulatoire.

Le sevrage en institution peut être réalisé dans un service de médecine interne, de gastro-entérologie ou de nutrition, ou dans une unité d'alcoologie. La durée du séjour hospitalier varie entre deux et quatre semaines : elle permet non seulement de réaliser la cure de sevrage, mais, surtout, de commencer à intégrer le patient dans un suivi psychothérapique.

Le sevrage ambulatoire est indiqué chez tout patient souhaitant bénéficier de cette modalité de traitement, même si toutes les chances de succès ne sont pas a priori réunies. Il impose en effet au patient de faire le deuil de l'alcool, bien souvent, sur les lieux mêmes de son alcoolisation ; cependant, le sevrage peut se réaliser non pas au domicile du patient, mais chez un ami, un familier ou au sein d'une association d'entraide. Le patient doit faire face aux réactions qu'induit son abstinence chez ses proches. Face à cette situation difficile, l'appui d'un réseau de soins en alcoologie est indispensable.

Quelles qu'en soient les modalités, le sevrage physique est rapide (une semaine). Comme seulement 40 % des patients alcooliques présentent des signes de sevrage physique lors du traitement, la thérapie se limite en général à une hydratation suffisante. Le dialogue avec un infirmier doit toujours être possible, même en ambulatoire. Le principal est d'assurer au patient une sécurité qui lui permette d'être le moins anxieux possible. Cette phase précoce du traitement requiert déjà une aide psychologique importante, relevant d'une thérapie de soutien ou d'une thérapie de groupe. Dès cette période, il importe enfin de mettre en place une stratégie de resocialisation, afin de permettre au sujet de restaurer sa confiance en lui-même.

Après le sevrage...

Le sevrage physique ne constitue pas une fin en soi, mais un moyen, celui de l'abstinence conquise. Le travail psychologique qui suit se prolonge souvent sur plusieurs années. Ce travail est généralement réalisé en ambulatoire par un médecin généraliste, en liaison avec un centre d'alcoologie ou avec un groupe d'anciens buveurs. Toutefois, lorsque des problèmes psychopathologiques ou sociaux existent, le patient peut prolonger la cure dans un centre de po

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