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Alcool

16/11/2015

(arabe al-kohol, antimoine pulvérisé, d'où, par métonymie, toute substance raffinée ou distillée). Désignation populaire de l'éthanol, principe déterminant l'effet psychoactif des boissons dites alcoolisées.

Boissons alcoolisées

Boissons obtenues par fermentation. Le vin reste la boisson alcoolisée obtenue par fermentation la plus populaire en France, même si, depuis les années 1960, sa consommation a baissé. La tendance actuelle semble favoriser la consommation occasionnelle de vin : on peut probablement y voir l'effet de l'engagement de certains médecins, selon lesquels l'absorption journalière d'une petite quantité de vin aurait des effets bénéfiques contre les maladies cardio-vasculaires, mais y trouver aussi la marque d'un regain d'intérêt culturel pour les produits d'appellation et de terroir.

Boissons obtenues par distillation. Au-delà de 16 degrés, la fermentation alcoolique est inhibée par l'action même de l'alcool sur les levures. L'obtention de boissons plus fortes implique donc le recours à la distillation. On obtient ainsi des eaux-de-vie (cognac, armagnac, calvados, kirsch, eaux-de-vie de grains diverses produites par distillation d'un moût fermenté telles que le whisky, le gin, la vodka, le genièvre ou encore le rhum, obtenu par distillation d'une mélasse), dont le titre varie entre 40 et 50 degrés.

Spiritueux obtenus par adjonction d'alcool à des boissons fermentées. Il s'agit d'apéritifs du type vin de Porto ou de Madère (titre variant entre 17 et 20 degrés), anis ou pastis (45 à 50 degrés, ces produits s'étant substitués à l'absinthe), ou bitters.

Liqueurs. Ces boissons sucrées, réputées avoir des propriétés digestives, titrent entre 15 et 55 degrés. Elles sont obtenues par adjonction d'eau-de-vie à des boissons à base de fruits ou de plantes médicinales.

Pharmacologie

L'alcool exerce des effets stimulants - comparables à ceux de nombreux autres produits addictifs - sur l'activité des voies neuronales contenant la dopamine. L'alcool est consommé, à l'instar dÆautres substances psychoactives, pour ses effets de renforcement positif (hédonistes, stimulants, euphorisants), et ce d'autant plus que la fonction des neurones à dopamine serait déficitaire ou le deviendrait à la faveur d'une consommation prolongée.

L'alcool exerce un effet facilitateur sur l'activité des voies neuronales contenant le GABA, neuromédiateur qui a un rôle inhibiteur sur l'activité des neurones. Autrement dit, l'alcool potentialise l'inhibition qu'exerce le GABA sur l'activité neuronale, notamment en interagissant avec les récepteurs du neuromédiateur, et entraîne ainsi un effet anxiolytique sédatif à rapprocher de celui des benzodiazépines. Cet effet facilitateur sur la transmission GABA n'est cependant observé que pour de fortes concentrations d'alcool ; en outre, il s'épuise progressivement lors d'une consommation prolongée.

Les modifications affectant les neurones à GABA au cours de l'alcoolisme sont en fait controversées, mais, quel qu'en soit le mécanisme, la défaillance de la transmission GABA induite par une consommation prolongée d'alcool peut être impliquée dans ses complications neurologiques (troubles moteurs, épilepsie) et psychiatriques (troubles anxieux, troubles psychotiques, troubles du comportement avec agressivité et irritabilité) ainsi que dans certains symptômes du sevrage (tremblement, agitation...). L'alcool serait alors consommé pour faire céder ces symptômes (renforcement négatif).

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