Cannabis

"Cannabis" est le nom latin du chanvre, plante de la même famille que le houblon. Il en existe deux espèces quasiment jumelles : « Cannabis sativa indica » ou chanvre indien, à partir de laquelle est produite la drogue dont l’usage, la production, la vente et la simple possession sont interdits. « Cannabis sativa sativa » ou chanvre textile, dont la culture est autorisée en particulier pour ses fibres dont on tire la corde de chanvre, des vêtements, du papier.
Le cannabis se présente sous plusieurs formes :
  • La marijuana ou herbe de cannabis est un mélange séché de feuilles et d’extrémités résineuses des plants femelles.
  • Le haschisch est la résine des extrémités de la plante, obtenue par pressage. Il se présente sous la forme de barrettes, de boulettes ou de briques (savonnettes).
  • L’huile de cannabis est un liquide noirâtre, gras et onctueux. Elle est obtenue par macération de haschisch et d’alcool.
Herbe et résine de cannabis ont de nombreuses appellations : beuh, shit, chichon, zamal, etc. ou marocain, libanais, afghan, jamaïcaine, thaï, selon leur origine.
Le THC (Tétra Hydro Cannabinol) est le principe actif du cannabis dont l’action sur le système nerveux modifie les sensations, les perceptions et le comportement de l’usager. La teneur moyenne de la résine de cannabis a triplé en dix ans pour atteindre 20,7 %, tandis que celle de l’herbe est, avec 13 %, la plus élevée depuis 15 ans (Drogues, Chiffres clés, juin 2015). Plus elle est élevée, plus les effets du cannabis sont importants.
L’herbe, la résine ou l’huile sont principalement fumées. Soit sous forme de cigarettes roulées à la main : c’est le « joint » (ou pétard, stick, etc.). La résine est toujours mélangée à du tabac. L’herbe peut être fumée pure mais est souvent mélangée au tabac. Soit avec différents types de pipes, avec ou sans tabac : pipes à eau, shilom, bang, bambou, douille, etc. Soit en déposant quelques gouttes d’huile sur une cigarette de tabac ou en dévidant celle-ci pour la remplir de mélange huile/tabac. Le cannabis est parfois ingéré sous forme de gâteau, omelette, infusion.
NON. Le cannabis est un stupéfiant dont l’usage, la culture, la vente ou la simple détention (le seul fait d’en avoir sur soi ou chez soi) sont formellement interdits en France. Cette interdiction concerne toute la plante, mâle ou femelle, les graines, le pollen, l’herbe, le haschich, l’huile, quelles que soient les quantités. L’usage de cannabis est une infraction dont la peine peut aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende. La culture est considérée comme un acte de trafic grave dont la peine peut aller jusqu’à vingt ans de réclusion et 7 500 000 euros d’amende quelle que soit la quantité. Le cannabis est toujours un stupéfiant, quelle que soit sa teneur en THC (principe actif du cannabis). Toutefois, les fibres et les graines de certaines variétés qui contiennent très peu de THC peuvent être utilisées par des entreprises habilitées pour la fabrication de divers produits (boissons, textiles, cosmétiques).
OUI. Toute profession dont les tâches demandent de la concentration, de la vigilance, de la mémoire et une bonne appréciation de son environnement est incompatible avec les effets du cannabis, et particulièrement lorsqu’elle engage sa propre sécurité et a fortiori celle d’autrui : transports, conduite de machines-outils, port d’armes, etc. D’ailleurs, l’usage de cannabis, ou d’autres drogues, interdit l’exercice de certaines professions et des tests de dépistage sont pratiqués couramment par des entreprises comme Air France, la SNCF ou la RATP.
OUI. La prise de cannabis entraîne des troubles de la concentration et altère la mémoire à court terme utilisée pour réfléchir, lire, écrire, calculer, etc. Des recherches ont montré que les troubles cognitifs associés à l’usage de cannabis sont corrélés à la dose, à la fréquence, à la durée d’exposition et à l’âge de la première consommation. Ces troubles peuvent persister à long terme, même après sevrage notamment si la consommation a débuté avant 15 ans. La capacité à apprendre des choses nouvelles et à s’en souvenir est alors diminuée, pouvant entraîner des difficultés à l’école ou dans la vie professionnelle. La perte de motivation peut être une conséquence de la consommation régulière de cannabis. Elle se traduit par un désintérêt pour les loisirs, les relations amicales ou familiales, un repli sur soi, une grande fatigue, un état passif, etc. Un cercle vicieux peut s’installer car la désocialisation/l’isolement génère un mal-être qui pousse à consommer davantage.
OUI. Un « bad trip » (ou mauvaise expérience) est une intoxication aigüe à une substance qui peut se traduire par une angoisse intense, des tremblements, des sueurs froides, des difficultés à respirer, des palpitations, des hallucinations, de la confusion, parfois une perte de connaissance Un bad trip se produit plus fréquemment lorsque le consommateur a beaucoup fumé du shit ou de l’herbe fortement concentré en THC, s’il a également bu de l’alcool. Lorsqu’une personne fait un bad trip, il est important de ne pas la laisser seule, de la coucher sur le côté et ne pas hésiter à appeler le 15 ou le 18.
OUI. Des études ont montré que l’usage de cannabis modifie l’équilibre hormonal masculin et féminin nécessaire à la reproduction. Chez les hommes, cela entraîne une diminution de la production de sperme, de la mobilité des spermatozoïdes et de leur durée de vie. Chez les femmes, cela entraine un risque augmenté de kystes de l’ovaire et un risque d’infertilité (impossibilité à concevoir) pour les femmes ayant consommé du cannabis dans l’année précédant la tentative de conception. De plus, la grossesse est plus difficile avec un risque augmenté de fausses-couches et de grossesses extra-utérines. Par ailleurs, une étude a montré l’effet néfaste du cannabis sur la fécondation in vitro, d’autant plus marqué que la prise est récente. Il est important également de ne pas oublier que les fumeurs de cannabis consomment en général du tabac qui a lui aussi des répercussions négatives sur la fertilité.
FAUX. Le cannabis est issu d’une plante, mais il n’est pas inoffensif : il contient une substance psychoactive appelée le THC (tétrahydrocannabinol). Le THC, notamment à l’adolescence, interfère avec les processus naturels de maturation cérébrale en particulier sur le développement des neurones, influant sur la cognition, le rendement scolaire, la motivation, la prise de risque et les habiletés psychomotrices. Son impact sur la structure et le fonctionnement de régions cérébrales essentielles aux fonctions exécutives, à la prise de décisions, à l’inhibition de réponses et à la planification, peut constituer une perte de chance pour les adolescents. De plus, comme tous les produits fumés, le cannabis produit des goudrons et des composants dangereux pour les voies respiratoires. Cela provoque des irritations de la gorge et des bronches (toux, voix enrouée, bronchite). Selon des études récentes, le cancer du poumon est plus précoce chez les consommateurs de cannabis. La fumée du cannabis contenant plus de substances cancérigènes que celle du tabac, elle est donc toxique pour le système respiratoire et peut favoriser le cancer de la gorge. Il est important de savoir que fumer est toxique quel que soit le mode de consommation : cigarettes (joints) ou pipes à eau (bangs).
NON. Le cannabis perturbe les cycles du sommeil et en altère la qualité. Le sommeil n’est donc pas réparateur. Les fumeurs réguliers de cannabis sont souvent fatigués et ont souvent des difficultés à se réveiller. À l’arrêt de la consommation, le sommeil ne retrouve pas tout de suite des cycles normaux et l’usager peut souffrir d’insomnie durant une période transitoire de 3 à 4 semaines. Durant cette période, les rêves peuvent s’intensifier et des cauchemars peuvent survenir.
OUI. Il ne fait aucun doute que la consommation de cannabis stimule l’appétit, notamment des aliments sucrés. Certains usagers font état de véritables « fringales » suite à la consommation, lors desquelles ils dévorent de grandes quantités. Des études sur des sujets en bonne santé confirment un effet stimulant sur l’appétit accompagné d’une augmentation de la consommation d’aliments et du poids corporel. L’explication serait que le THC, en se fixant notamment sur les récepteurs cannabinoïdes de l’hypothalamus, modifie les sensations de faim et de soif contrôlées par cette partie du cerveau.
OUI. Si la plupart des usagers de cannabis ne développeront pas de schizophrénie, les études montrent qu’une consommation précoce de cannabis (avant 15 ans) augmente les risques de survenue de troubles psychotiques (Conduites addictives chez les adolescents, Expertise Collective Inserm 2014). Le risque augmenterait avec les quantités consommées. Il serait ainsi multiplié par quatre pour un consommateur régulier. L’usage avant l’âge de 15 ans, alors que le cerveau est encore en cours de développement, serait un facteur de risque supplémentaire : l’exposition au cannabis à l’adolescence augmente la vulnérabilité aux troubles psychotiques, en particulier les troubles schizophréniques. Chez les personnes souffrant de troubles psychiatriques préexistants (schizophrénie, trouble bipolaire, etc.) la consommation de cannabis, souvent utilisé comme automédication pour calmer les angoisses, a cependant toujours des conséquences négatives sur l’évolution du trouble : accélération de l’apparition des symptômes, augmentation de l’intensité des crises et rechutes plus fréquentes. Il est donc fortement déconseillé aux personnes particulièrement fragiles au niveau psychologique ou souffrant de troubles psychiatriques de consommer du cannabis.
OUI. Il est possible d’arrêter seul le cannabis. La volonté d’arrêter est un des moteurs essentiels et nécessite de s’y préparer. La difficulté d’arrêter n’est pas la même pour un fumeur occasionnel que pour un fumeur régulier. On considère qu’un fumeur est régulier à partir du moment où il fume plusieurs joints par semaine. Sur le plan physiologique, il faut rappeler que la dépendance au tabac (souvent associé au cannabis) complique l’arrêt car l’habitude et le plaisir de fumer sont réactivés à chaque cigarette. L’idée de se passer d’un produit que l’on consomme régulièrement est angoissante pour de nombreux usagers. L’arrêt du cannabis peut révéler certains problèmes masqués jusqu’alors par sa consommation : nervosité, irritabilité, anxiété. Bien que l’arrêt du cannabis seul soit possible, cela ne signifie pas qu’il soit facile et rapide à mettre en place. En cas de difficultés, il ne faut pas hésiter à se faire aider par un professionnel spécialisé (médecin ou psychologue par exemple).