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L’Observatoire français de drogues et des toxicomanies (OFDT) propose un nouveau numéro de Tendances « 20 ans d’évolutions des usages de drogues en Europe à l’adolescence » qui dresse un panorama des évolutions en matière d’initiation et de consommation de tabac, d’alcool et de cannabis à 13 ans et 16 ans. Si les données font état d’une baisse quasi générale du tabagisme à l’adolescence à l’échelle de l’Europe, les consommations d’alcool révèlent toujours d’importants écarts d’un pays à l’autre. Par ailleurs, la France est l’un des pays où le niveau d’usage récent de cannabis a le plus baissé : moins 10 points en 20 ans même si elle demeure l’un des pays où la consommation est la plus élevée.

Dans un contexte de banalisation du cannabis, il est indispensable de poursuivre les efforts engagés pour mieux informer les jeunes et les adultes qui les entourent, afin de favoriser un environnement plus protecteur pour les adolescents. Rappelons que les risques pour la santé physique et psychique associés à la consommation de cannabis sont nombreux, en particulier pour les jeunes. Le cannabis peut aussi entraîner de profondes répercussions scolaires, sociales, professionnelles, ou judiciaires.

Deux grandes enquêtes, menées tous les 4 ans depuis 25 ans en population adolescente permettent une comparaison des usages de drogues à l’échelle internationale : l’enquête Health Behaviour in School-Aged Children (HBSC), sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et l’European School survey Project on Alcohol and other Drugs (ESPAD), menée avec le soutien de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA). La première, qui interroge les élèves âgés de 11, 13 et 15 ans, se déroule depuis 1982 (1994 en France) dans un nombre croissant de pays occidentaux. Elle vise à collecter des données sur la santé, le bien-être, le vécu scolaire et les comportements favorables ou préjudiciables à la santé des élèves, dont les usages de drogues. La seconde, conduite depuis 1995 (1999 en France) dans une quarantaine de pays européens, se centre sur les comportements de consommation d’alcool, de tabac, de cannabis et des autres substances illicites à 16 ans.

 

L’usage de cannabis en recul constant depuis 1999

Le cannabis est la substance illicite la plus communément expérimentée par les adolescents européens. La France affiche des niveaux d’usage de cannabis à l’adolescence parmi les plus élevés d’Europe : ainsi, en 2019, 23 % des jeunes Français de 16 ans ont déclaré avoir fumé au moins une fois du cannabis au cours de leur vie et 13 % au cours du mois, avec des différences de genre importantes.

En 2019 Au moins une fois dans la vie Au cours du mois
Garçons de 16 ans 26% 16%
Filles de 16 ans 20% 11%

Ces niveaux tendent à se rapprocher de la moyenne européenne mais la France demeure en 2019 un des pays où la consommation de cannabis est la plus élevée. En revanche, elle est l’un des pays où le niveau d’usage récent a le plus baissé en 20 ans : moins 10 points.

 

Le tabagisme en baisse à tous les âges

Même si l’expérimentation tabagique (en 2018) des adolescents français tend à s’accélérer avec l’âge :

  • 4 % à 11 ans,
  • 14 % à 13 ans,
  • 45 % à 16 ans.

L’expérimentation tabagique chez les 13 ans a été divisée par deux, perdant près de 30 points en 20 ans. Dans des proportions similaires, le tabagisme quotidien à 16 ans est passé de 31% en 1999 à 12% en 2019. Cette diminution constante de la consommation de tabac s’inscrit dans une tendance majoritaire en Europe et constitue l’évolution la plus remarquable parmi l’ensemble des usages de substances psychoactives observés depuis un quart de siècle chez les adolescents. Les stratégies mise en œuvre au niveau Français et international (Convention-cadre de l’OMS) ont été un accélérateur dans la lutte contre le tabagisme et sa dénormalisation auprès du public.

 

Consommations d’alcool, des efforts à poursuivre

L’alcool demeure la première substance psychoactive expérimentée par les adolescents européens. En 2018, les jeunes Français déclarant avoir déjà bu de l’alcool étaient :

  • 32 % à 11 ans,
  • 49 % à 13 ans,
  • 80 % à 16 ans.

La France présente ainsi des niveaux d’expérimentation de boissons alcoolisées parmi les plus élevés en Europe pour les 11 et 13 ans. A 16 ans, les jeunes Français ont un usage d’alcool au cours du mois de 53 %, qui demeure parmi les plus élevés en Europe ; même s’il est en baisse continue depuis bientôt 10 ans, le niveau en 2019 reste supérieur à celui de 1999.

S’agissant du niveau d’alcoolisations ponctuelles importantes (API) des adolescents français, il est comparable à la moyenne européenne avec 34 %, sans évolution notable depuis 20 ans.

Ces niveaux de consommation d’alcool à l’adolescence rappellent la nécessaire mobilisation des adultes – en particulier le cadre familial où ont souvent lieu les premiers contacts avec l’alcool – afin de retarder le plus possible les premières consommations.