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En 2018, plus de 20 000 collégiens et lycéens représentatifs des adolescents scolarisés en France métropolitaine, âgés de 11 à 18 ans, ont été interrogés à propos de leur bien-être, de leurs comportements de santé et de leurs consommations de substances psychoactives.

Ce nouveau dispositif baptisé EnCLASS (Enquête nationale en collège et en lycée chez les adolescents sur la santé et les substances) a été mis en oeuvre par les équipes de recherche françaises référentes des enquêtes internationales HBSC (Health Behaviour in School-aged Children) et ESPAD (European School Survey Project on Alcohol and other Drugs) avec le soutien du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse et du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation.

De très bons chiffres sur le tabac et le cannabis et des points de vigilance sur l’alcool

Les données d’EnCLASS témoignent de la diminution des expérimentations et des consommations de tabac et de cannabis à la fois au collège et au lycée. Ces diminutions viennent confirmer les résultats de la dernière enquête ESCAPAD (2018) qui relevaient des niveaux de consommation parmi les plus faibles jamais observés.

Ainsi, l’expérimentation du tabac est en baisse très nette entre 2014 et 2018 (-6,6 points à 21,2 % des collégiens). De même que le tabagisme quotidien qui chute lui aussi fortement, chez les élèves de 4e et 3e, passant de 5,6 % à 2,5 % pour les premiers et de 12,3 % à 6,5 % pour les seconds.
En revanche, l’expérimentation et la pratique du vapotage se développent nettement, parmi des adolescents qui ne fument pas ou n’ont même jamais fumé de tabac. Cette évolution interroge d’une part sur les motivations de son utilisation en population adolescente, qui ne semble pas résulter d’une volonté de sevrage tabagique, comme cela est généralement le cas en population adulte, et, d’autre part, sur une banalisation de cette pratique d’inhalation qui doit appeler l’attention des décideurs publics et des professionnels.

L’expérimentation du cannabis apparaît également en recul : chez les collégiens, entre 2014 et 2018, elle passe de 9,8 à 6,7 % ; pour les lycéens, le pourcentage de ceux qui ont déjà expérimenté le cannabis diminue fortement de 44% à 33,1% entre 2015 et 2018. 6,2% d’entre eux se déclarent consommateurs réguliers alors qu’ils étaient 7,7% en 2015, mais cette baisse n’est pas significative.

En revanche, les niveaux d’expérimentation et de consommation d’alcool constituent des points de vigilance toujours identifiés dans les politiques publiques.

Ainsi, si l’expérimentation de l’ivresse marque un recul significatif entre 2014 et 2018 chez les collégiens (13,4 % v/s 9,3 %), on note qu’en 6ème, 44% des adolescents ont déjà goûté à l’alcool. Cette initiation amorcée donc dès le primaire devient massive puisqu’en 3ème, les collégiens déclarent pour plus des trois quarts d’entre eux, avoir déjà consommé de l’alcool. A travers cette initiation précoce se pose la question de la responsabilité de l’entourage (parents, cercle familial, etc.) pour réduire la banalisation de la consommation d’alcool.

Entre 2015 et 2018, les comportements d’alcoolisation ne changent pas significativement parmi les lycéens et restent à des niveaux élevés : en 2018, 43,2% des lycéens déclarent un  épisode d’API (Alcoolisation Ponctuelle Importante) dans le dernier mois et 16,7% d’entre eux consomment de l’alcool au moins 10 fois par mois.

Accessibilité des produits : l’enjeu du renforcement des interdits protecteurs

Les données d’EnCLASS confirment également la large accessibilité des produits et ce malgré les interdits de vente de tabac et d’alcool aux mineurs.
Ainsi, 77% des lycéens (majoritairement âgés de moins de 18 ans) qui fument quotidiennement s’approvisionnent chez les buralistes. L’approvisionnement en alcool s’opère avec une même facilité : au cours du mois précédant l’enquête, 40,6 % des lycéens ont acheté des boissons alcoolisées dans un magasin et 18,6 % l’ont fait au moins trois fois. De même, 56,9 % ont consommé de l’alcool dans un bar, un restaurant ou une discothèque durant cette même période, dont 26,3 % trois fois ou plus.

Ces manquements à la loi ne résultent pas d’une simple méconnaissance de celle-ci puisque la très grande majorité (+ de 80%) des lycéens connaissent l’âge légal pour la vente de tabac et d’alcool.
Si la plupart de ces lycéens ne tiennent pas compte d’une législation qu’ils disent pourtant connaître, leur comportement témoigne surtout du fait que leur âge n’est pas régulièrement contrôlé par les buralistes. Ainsi, parmi les lycéens ayant déjà acheté des cigarettes dans un bureau de tabac, 55 % disent n’avoir jamais eu à présenter leur carte d’identité. De même, 51 % des lycéens ayant acheté de l’alcool durant le mois précédant l’enquête déclarent n’avoir jamais eu à présenter leur carte d’identité en magasin et 38 % « rarement » ou « parfois ».
Ces résultats nécessitent que les détaillants, de tabac comme d’alcool, soient plus vigilants sur l’âge de leurs clients et que les forces en charge de faire appliquer la loi s’engagent dans des contrôles plus fréquents.