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A l’issue de sept mois de travail et de nombreuses rencontres avec un large éventail de parties prenantes, la Plateforme RSE a remis ce jour à Nicolas Prisse, Président de la MILDECA, les résultats de ses travaux.

Le Président de la MILDECA a saisi le 24 mai 2018 la Plateforme nationale d’actions globales pour la responsabilité sociétale des entreprises (Plateforme RSE), installée à France Stratégie. Cette saisine visait à intégrer la problématique spécifique des conduites addictives dans le champ de la responsabilité sociétale des entreprises, afin de favoriser des démarches volontaires des entreprises pour mieux prévenir et prendre en charge les consommations à risques d’alcool, de tabac, de cannabis et de médicaments psychotropes, substances les plus consommées en milieu de travail.

Un enjeu central lié à des niveaux de consommation élevés

A titre d’illustration, selon les données de la cohorte Constances (2018), et pour les 18-35 ans :

  • 37,7% des hommes et 31,6% des femmes sont fumeurs ; 41% des hommes et 42% des femmes consomment entre 10 et 20 cigarettes par jour ;
  • 30,7% des hommes et 12,9 % des femmes ont une consommation d’alcool considérée comme dangereuse. S’agissant des femmes ce sont les cadres qui consomment le plus d’alcool par rapport aux autres catégories professionnelles, contrairement aux hommes (où c’est la catégorie « ouvriers » qui consomme le plus) ;
  • 14,2% des hommes et 6,8% des femmes consomment plus d’une fois par semaine du cannabis.

Faire de la lutte contre les conduites addictives une priorité de la santé au travail

De nombreuses publications scientifiques attestent du rôle de l’environnement sur les consommations de substances psychoactives en dehors des seuls facteurs individuels.
Dans ce contexte, les liens entre consommations et stress au travail, harcèlement au travail, conditions de travail difficiles, etc. sont de mieux en mieux documentés. De même, les pratiques des entreprises en matière de pots ou de déjeuners de travail peuvent être à l’origine d’initiations ou vécues comme des incitations à consommer, notamment de l’alcool.
Aussi la question des conduites addictives en milieu professionnel a-t-elle été intégrée dans le plan santé au travail 2016-2020 et identifiée comme l’une des priorités de la mobilisation contre les addictions portée par la MILDECA.

Les conduites addictives : un véritable sujet de RSE pour les entreprises

Pour répondre à cette saisine de la MILDECA, la Plateforme RSE a constitué un groupe de travail qui a mené une vingtaine d’auditions. En s’appuyant notamment sur les pratiques des entreprises et les outils disponibles, elle formule quatorze recommandations adressées au Gouvernement, aux entreprises et aux fédérations professionnelles.

Nicolas Prisse a salué le travail conduit par la Plateforme RSE notamment en ce que certaines recommandations s’inscrivent en pleine cohérence avec les orientations du Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022, comme celles par exemple :

  • « de veiller à ce que, dans les politiques publiques de lutte contre les addictions, la prévention prime sur la répression, et que cette orientation s’applique aux obligations qui visent le monde de l’entreprise » ;
  • « d’intégrer la lutte contre les conduites addictives dans la formation initiale des futurs managers (écoles de commerce, de gestion et d’ingénieurs) ainsi que dans la journée de formation suivie par les futurs responsables d’un point de vente d’alcool ou de tabac avant l’obtention du KBIS » ;
  • d’encourager les entreprises à « porter une attention particulière à la qualité de vie au travail de leurs salariés, afin de réduire le risque d’un recours de ceux-ci aux substances psychoactives, et de veiller à porter une attention particulière à la vulnérabilité des jeunes, qui sont particulièrement exposés à ce risque ».

Les propositions de la Plateforme RSE seront, dans les prochaines semaines, partagées avec les acteurs du monde du travail.

La MILDECA rappelle par ailleurs que, si les engagements des entreprises au titre de la RSE peuvent compléter la politique de prévention définie et conduite par le Gouvernement, celle-ci est bien entendu plus large et inclut des mesures relevant de la responsabilité propre des pouvoirs publics au titre de ses missions d’éducation, de santé publique, de sécurité et de contrôle d’application de la loi.

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