Le nouveau plan gouvernemental 2013-2017 de lutte contre les drogues et les conduites addictives consacre la volonté du gouvernement de faire de la prévention un axe majeur de la politique publique en matière de lutte contre les conduites addictives, particulièrement en direction des jeunes, des femmes et des populations en situation de précarité. Pour mettre en œuvre cette priorité du plan gouvernemental, la commission interministérielle de prévention des conduites addictives (CIPCA) a été créée afin de donner un nouveau cadre à la politique de prévention.

Les missions de la CIPCA

La CIPCA a des objectifs ambitieux destinés à engager une démarche qualité de la prévention au travers de plusieurs missions :

  • collecter et diffuser au sein de la CIPCA des synthèses des recommandations émises au niveau national et international dans le domaine de la prévention afin de partager les connaissances et les expertises
  • sélectionner puis promouvoir des programmes de prévention qui auront fait leur preuve en matière d’efficacité
  • développer une culture de l’évaluation scientifique
  • Identifier les enjeux de société qui interagissent avec les politiques de prévention.

Les modalités de travail de la CIPCA

La Commission met en œuvre les orientations stratégiques de la prévention développées dans le plan gouvernemental, en particulier, le développement de la recherche, la prévention par les pairs, la promotion de la santé des enfants et des adolescents, l’appui à la parentalité, le renforcement des compétences psychosociales, la formation professionnelle des acteurs de la prévention…. 

Elle s’appuie également sur les recommandations des organismes de recherche et de prévention nationaux, européens et internationaux et sur les évaluations de programmes déjà mis en œuvre dans différents pays ayant fait la preuve de leur efficacité. L’INPES a ainsi été chargé d’apporter à la Commission une contribution scientifique sur la base d’un recensement des textes et des recommandations existants au niveau national et international permettant d’établir un "référentiel" des programmes ayant fait la preuve de leur efficacité.

Le texte des appels à projet qui seront régulièrement lancés dans le cadre de la Commission devront ainsi répondre à la fois aux priorités stratégiques du plan et aux critères issus des recommandations des professionnels et chercheurs dans le domaine de la prévention.

La Commission interministérielle a pour objectif de promouvoir des programmes de prévention ayant une approche globale et pluridimensionnelle intégrant une palette d’interventions susceptibles de répondre aux différentes situations d’environnement, de comportements d’usage et de déterminants de la consommation. 

Différents cadres d’intervention peuvent être concernés par un programme, notamment scolaire, sportif, universitaire, professionnel, milieu carcéral etc. Les publics prioritaires mais non exclusifs sont ceux du plan qui compte tenu de leur âge et de leurs vulnérabilités sont les plus exposés aux risques liés à la consommation de substances psychoactives. 
Quel que soit le milieu ou le public concerné, un programme de prévention doit répondre à différents critères :

  • la définition d’objectifs clairs et partagés, évaluables,
  • une coopération et une coordination entre professionnels intervenants,
  • une implication des responsables de l’établissement concerné par la mise en œuvre du programme,
  • une adaptation du programme aux besoins et aux difficultés des bénéficiaires de la prévention en assurant notamment une continuité entre l’amont et l’aval du projet permettant d’effectuer un suivi des bénéficiaires dans différents contextes.

Le plan gouvernemental prévoit ainsi de développer une collaboration entre les mondes éducatifs (prévention pendant le parcours scolaire), professionnel et les dispositifs médico-sociaux et entre santé et justice notamment. 
L’objectif est de favoriser la mise en place d’une prévention tout au long de la vie.

Programmes de prévention des conduites addictives : les appels à candidatures

L’objectif de la CIPCA est de faire émerger et de sélectionner, régulièrement, des programmes de prévention, pour les faire évaluer par des équipes indépendantes. 

L’intérêt de cette démarche est double : permettre aux porteurs de projets de profiter d’une évaluation sur l’efficacité de leur action et d’une promotion des programmes évalués positivement dans le cadre de la création d’un "répertoire national" et aux pouvoirs publics de disposer d’éléments objectifs d’évaluation relatifs à l’impact des politiques de prévention.

Les candidats susceptibles de proposer un programme de prévention peuvent être des associations, des acteurs institutionnels et tout type d’organisme public ou privé.

L’appel à candidatures concerne en premier lieu, mais non exclusivement les programmes dirigés vers les publics prioritaires du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives, les jeunes, les femmes et les populations précaires ou marginalisées.

La MILDECA ne finance pas les interventions de prévention retenues mais uniquement leur évaluation. Il est donc nécessaire que les interventions candidates soient déjà financées par ailleurs.

Journée d'animation du 29 juin 2015 :

Une journée nationale d’animation a été organisée par la MILDECA, le 29 juin 2015. A l’occasion de cette journée, acteurs de la prévention et décideurs ont pu acquérir les outils nécessaires à la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de programmes de prévention efficaces. Ils ont également actualisé leurs connaissances sur les conduites addictives au regard des données les plus récentes et échangé avec des porteurs de programmes évalués et des experts de la prévention.

Journée d'animation du 23 juin 2014​ :

Une journée nationale d’animation a été organisée par la MILDECA, le 23 juin 2014 afin de susciter ou de conforter des candidatures des acteurs de la prévention. 
Elle a réuni des porteurs de projet, des chefs de projets MILDECA, des experts ainsi que des responsables d’administrations et d’associations.