Le dispositif d’insertion sociale et professionnelle TAPAJ - « travail alternatif payé à la journée » a été expérimenté à partir de 2013 par le Comité d’Etudes et d’Information sur la Drogue de Bordeaux.

Il cible les publics jeunes en errance âgés de moins de 25 ans, ne pouvant prétendre au RSA, afin de faciliter leur entrée dans les dispositifs d’insertion de droit commun qui ne leur sont pas accessibles directement, compte tenu de leur mode de vie et de l’usage de substances psychoactives. TAPAJ est une adaptation française d’un projet déjà expérimenté au Québec.

TAPAJ, POURQUOI ?

Le programme TAPAJ favorise la continuité des interventions sanitaires, sociales et d’insertion.

Ce dispositif innovant correspond à l’une des orientations du plan gouvernemental 2013 -2017 qui a fixé parmi ses priorités stratégiques en termes de réduction des risques, « l’insertion socio professionnelle des usagers de drogues ». En effet, l’impact positif de la prise en charge globale, au-delà de la prise en charge thérapeutique, a été confirmé par les professionnels de l’addictologie à partir de différents types d’expériences.

TAPAJ, COMMENT ?

L’originalité de ce dispositif réside dans une proposition d’entrée progressive mais immédiate dans le monde du travail commençant par une journée par semaine, sur un emploi réel mais non qualifié, payé à la fin de chaque journée (salaire horaire : 10 euros). Les temps de travail sont ensuite progressivement augmentés tout en permettant une mise à plat de la situation administrative du jeune.

Juridiquement TAPAJ s’appuie sur le partenariat entre :

  • une structure médico-sociale (CSAPA ou CAARUD)
  • une association intermédiaire (structure de l’insertion par l’activité économique) qui est l’employeur juridique des jeunes
  • une entreprise ou un service public auprès desquels les jeunes sont mis à disposition

PILOTAGE DU DISPOSITIF

Au niveau national, un comité de pilotage institutionnel présidé par la MILDECA se réunit plusieurs fois par an. Il est composé de représentants de la DGEFP, de la DGCS et de la DGS. Le comité valide les différentes étapes de l’accompagnement du déploiement de TAPAJ par la Fédération Addiction et suit l’évolution du plan de déploiement de TAPAJ.

Au niveau local, la Fédération Addiction anime des groupes opérationnels TAPAJ pour faciliter la mise en place des partenariats et accompagner les structures médicosociales sur différents aspects juridiques et autres (fourniture d’un « pack de démarrage »).

EVALUATION DU DISPOSITIF TAPAJ

Pour consolider le succès du dispositif bordelais et favoriser son déploiement, l’université de Bordeaux a été chargée par la MILDECA d’en effectuer l’évaluation. Cette évaluation a fourni des éléments utiles à l’extension du dispositif sur d’autres sites. Elle a également permis de produire une série de recommandations, destinées à fournir des repères pour la mise en œuvre de TAPAJ.

A Bordeaux 45 % des jeunes ont pu trouver une sortie positive à l’issue du programme, ce qui correspond à un résultat très supérieur à de nombreux dispositifs d’insertion classiques malgré un public bénéficiaire très marginalisé.

L’expérience de TAPAJ Bordeaux a permis de créer un partenariat national avec de grandes entreprises publiques et privées et leurs fondations, implantées sur tout le territoire : AUCHAN, ORANGE, SNCF, VINCI, ERDF, etc.

Une charte TAPAJ a été élaborée. Elle recense les principales modalités de fonctionnement de TAPAJ et doit être signée par l’association intermédiaire partenaire.

TAPAJ EN 2016

L’expérimentation qui a débuté à Bordeaux concerne, fin 2015, 12 sites en France et 153 jeunes. Dix autres villes volontaires sont concernées en 2016 et on compte par ailleurs dix autres candidatures enregistrées à ce jour.  L’année 2016 constitue un nouveau tournant grâce à la création d’une tête de réseau, TAPAJ France, association cofinancée par la Fondation de France et la MILDECA, et qui va poursuivre le déploiement de ce dispositif, en lieu et place de la Fédération addiction.

Un nouveau partenaire est présent depuis 2016 dans le comité de pilotage national. Il s’agit de la DIHAL, l’objectif étant de favoriser pour les jeunes en errance, outre l’accès à l’emploi, l’accès à un hébergement ou à un logement.

A lire aussi sur drogues.gouv.fr
tapaj-201606_princ_300x115.png