Actions et mesures
Les 6 et 7 mai derniers, les assises de la parentalité et de la prévention ont réuni environ 600 participants (élus, institutionnels, enseignants, professionnels du soin et de la prévention, éducateurs représentants associatifs) autour d'une vingtaine d'experts de très haut niveau. L'objectif était de réfléchir et de débattre sur la place et le rôle des adultes comme principal acteur de prévention des conduites à risque des adolescents avec en perspective, le projet de relégitimer ces adultes et de renforcer si besoin leurs capacités éducatives.
En ouverture de la manifestation, Nadine Morano, Secrétaire d'Etat chargée de la famille et de la solidarité, a rappelé que les adultes, et plus particulièrement les parents, sont les premiers acteurs de la construction de la personnalité de l'enfant et que l'épanouissement de ses potentialités, son bien-être, sa qualité de vie vont largement dépendre d'eux. Un postulat confirmé par l'ensemble des experts présents, et notamment Philippe Jeammet, président du comité scientifique des assises, qui a insisté sur le fait qu'une éducation épanouissante doit reposer sur la confiance partagée, ce qui n'exclut en rien la mise en garde et la vigilance ; ''la qualité de l'éducation étant selon lui, la meilleure prévention du mal-être''.
L'état des lieux établi à cette occasion montre que les jeunes, qui sont à la fois les plus exposés et les plus vulnérables, déclarent des usages de produits illicites et des comportements d'ivresse alcoolique de plus en plus fréquents et précoces avec une banalisation des ivresses répétées chez les adolescents.
Par ailleurs, un sondage réalisé fin avril par l'institut BVA à la demande de la MILDT et de l'INPES, révèle qu'un parent sur cinq n'a jamais parlé des dangers liés à la consommation de drogues à ses enfants et que 22 % ne leur rappellent jamais que c'est interdit.
Si l'éducation repose sur la confiance, elle s'adosse aussi à l'autorité. Or, force est de constater que l'autorité éducative s'est érodée, nouvelles familles et nouveaux media ayant contribué à distendre le rapport à la culture consacrée au profit d'une transmission culturelle intra-générationnelle entre pairs. Face à des parents pourtant volontaires mais fragilisés, souvent démunis, et qui redoutent d'entrer en conflit avec leurs enfants, les experts ont expliqué que refuser d'influencer c'est tout simplement refuser d'éduquer. Sachant que l'autorité de l'éducateur est ce à quoi le jeune se réfère pour pouvoir se situer et s'orienter, les intervenants ont souligné que la légitimité de l'éducateur tient à ce qu'il n'est pas au-dessus mais en avance, qu'il lui appartient donc de signaler les difficultés et les dangers, de refuser les dérives, de reposer le cadre ou encore d'empêcher les régressions. Tous ont insisté sur le fait que le maintien du dialogue est fondamental même si c'est dans cette période de la vie qu'il est le plus difficile. Pour eux , il est donc impératif de redonner confiance aux adultes, et en premier lieu, aux parents.
En clôture, Etienne Apaire, président de la MILDT, a appelé de ses vœux la valorisation des programmes d'aide à la parentalité existant ainsi que le développement des expérimentations dans ce champ. Il a également souligné la nécessité d'organiser des assises régionales de la parentalité pour être au plus près des réalités et des besoins, tout en rappelant que la ministre avait annoncé la veille la création prochaine d'un site internet consacré à la parentalité et d'un service d'assistance téléphonique pour les parents en difficulté.
Enfin, une campagne d'information à destination des parents sur la problématique de la consommation de drogues chez les adolescents sera lancée à l'automne par le ministère de la santé, la MILDT et l'INPES. La réflexion continue à être menée avec l'ensemble des parties prenantes sur les différentes actions à mettre en œuvre.
Intervenants
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Créée en 1982 et placée sous l’autorité du Premier ministre, la MILDT est chargée d’animer et de coordonner les actions de l’Etat en matière de lutte contre les drogues et les toxicomanies
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