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Tabagisme passif

Exposition involontaire à la fumée du tabac, qui peut être à l'origine de maladies graves. Le tabagisme passif est désormais considéré comme un problème majeur de santé publique. SYN. : tabagisme environnemental.

Ce n'est que depuis la fin des années 1960 que l'on s'intéresse aux effets du tabagisme sur la pollution de l'air ambiant et, notamment, aux conséquences sur l'enfant de cette pollution particulière. Il a fallu attendre le résultats d'analyses complexes pour mieux appréhender la gravité de cette intoxication imposée à autrui. L'Académie de médecine a rendu public, en mai 1997, un rapport qui souligne le caractère hautement néfaste de celle-ci.

L'analyse de l'air circulant dans les pièces fréquentées par des fumeurs révèle la présence des agents cancérogènes de la fumée du tabac, des taux élevés de benzène et une proportion importante de monoxyde de carbone. La généralisation des systèmes de climatisation entraîne une dispersion des toxiques issus du tabagisme dans tous les locaux d'une entreprise ; les systèmes de filtration de l'air ne retiennent pas la plupart de ces produits toxiques, et n'ont en réalité aucune efficacité.

C'est le repérage des marqueurs du tabagisme qui a permis de prouver l'existence d'une forme passive de celui-ci. Le relevé de la dose de cotinine (principal métabolite de la nicotine) présente dans l'urine des personnes respirant l'air pollué par le tabagisme des autres a permis de fournir une traduction quantitative de l'exposition environnementale : celle-ci équivaut en moyenne, a-t-on pu constater, à la consommation de 0,1 à 2 cigarettes par jour.

Un problème de santé publique

Indépendamment de l'inconfort infligé aux proches ou aux collègues de travail du (des) tabagique(s), le tabagisme passif aggrave des pathologies déjà existantes et en induit de nouvelles.

Les enfants vivant au sein de familles de fumeurs sont plus que les autres sujets aux otites, aux rhinites, aux pharyngites ou aux affections bronchiques. Le tabagisme passif aggrave également l'asthme. En France, on estime qu'environ 60 000 à 100 000 infections graves de l'enfant ont pour origine le tabagisme passif ; une centaine de décès pourraient lui être attribués. Il y a, en outre, tout lieu de soupçonner, même si rien n'est établi à ce sujet, une incidence du tabagisme familial sur le développement chez ces mêmes enfants, parvenus à l'adolescence, d'une dépendance au tabac (du fait de la tolérance acquise à la nicotine et du mauvais exemple donné).

On estime que, par rapport à la " normale ", l'augmentation moyenne du risque de survenue d'un cancer du poumon est de 35 % pour le conjoint non fumeur d'un fumeur (ce qui représente environ 200 décès supplémentaires par an en France, et 3 000 aux États-Unis). Ce risque est évidemment majoré si un tabagisme environnemental sur le lieu de travail s'ajoute au tabagisme environnemental à domicile. Les études - qui ont, comme de juste, éliminé les divers biais (cas des anciens fumeurs classés parmi les non-fumeurs, facteurs environnementaux cancérogènes mais non tabagiques, etc.) - permettent clairement de conclure, selon l'Académie de médecine, que " la fumée du tabac est [.] aujourd'hui le facteur cancérogène ayant le premier rôle dans la pollution de l'air ".

L'incidence du tabagisme passif sur d'autres types de cancers (de la vessie, des voies urinaires, des voies aérodigestives supérieures) n'a pas été encore démontrée. Toutefois, deux études mettent en évidence une liaison dose/effet entre cette exposition à la fumée du tabac et les cancers du sinus.

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