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Lexique

Dopage

Utilisation d'une ou de plusieurs substances, naturelles ou synthétiques, stimulantes, anabolisantes ou susceptibles de masquer l'usage de semblables substances, ou encore utilisation de procédés divers en vue d'améliorer artificiellement des performances physiques et "par extrapolation" intellectuelles.

Histoire

Les premiers cas de dopage ont probablement été rapportés dès 776 av. J.-C., à l'occasion des premiers jeux Olympiques. Les athlètes grecs faisaient grande consommation de plantes et de sang de chèvre, dans le but de courir plus vite, de sauter plus haut ou de lancer plus loin. À la fin du XIXe siècle, des soupçons entourèrent les performances des athlètes français, que l'on disait dopés avec une mixture à base de feuilles de cacao et de vin. En 1924, des coureurs du Tour de France montrent au journaliste Albert Londres ce qui leur permet d'avaler sans rechigner les cols des Alpes et des Pyrénées : de la cocaïne et du chloroforme.

L'emploi de produits anciens, notamment d'analgésiques morphiniques et de cocaïne s'est longtemps maintenu, ces substances étant d'obtention facile et leurs effets, connus de longue date, pouvant donner une impression de sécurité. De ce fait, la marge séparant le dopage de la toxicomanie a souvent pu sembler étroite. L'alcool est tombé dans une relative désuétude à partir des années 1960 : il peut tranquilliser - comme le cannabis, évoqué dans certaines affaires -, mais il n'augmente ni la résistance ni la force, et rend les gestes imprécis ; au total, il aggrave surtout les risques d'accidents, notamment en cyclisme.

L'opium a cessé d'être employé à partir des années 1950, au profit de la morphine ou de la codéine, réputées stimulantes et, surtout, analgésiques. Ces alcaloïdes suppriment en effet les sensations de fatigue à l'effort et les douleurs (liées aux menstruations chez la femme, aux coups chez les boxeurs, etc.). L'héroïne, quant à elle, est demeurée cantonnée au domaine de la véritable toxicomanie (le dextromoramide fut, par contre, administré à des cyclistes dans les années 1960).

La cocaïne, anesthésique, euphorisante et stimulante, a été d'un usage répandu. On la retrouve jusqu'à nos jours dans nombre d'affaires de dopage (sont notamment concernés le base-ball, le football américain, l'athlétisme, la compétition automobile). Au chapitre des stimulants, on peut évoquer encore l'usage banalisé de la caféine et de l'éphédrine.

Mais les choses sont réellement devenues sérieuses à partir de 1935, avec l'irruption dans le milieu sportif des premiers médicaments produits par synthèse chimique. En 1952, à Oslo, les jeux Olympiques d'hiver sont entachés par l'usage d'amphétamines. Les stéroïdes anabolisants font, eux, leur entrée lors des Jeux de Tokyo, en 1964. Ils ne seront interdits qu'en 1972, lors des Jeux de Munich. L'emploi d'amphétamines et de stéroïdes s'était initialement développé, dès les années 1950, chez les cyclistes. Leur abus est à l'origine de plusieurs décès, dont celui, qui marqua les esprits, du Britannique Tom Simpson dans le Tour de France 1967.

Dans les années 1980 apparaît l'hormone de croissance naturelle (GH pour growth hormon), d'abord chez les culturistes, puis par quelques sprinters, dont un recordman du monde. Elle est remplacée, dix ans plus tard, par l'hormone de croissance synthétique, plus sûre (absence de risque de contamination virale), qui gangrène alors littéralement l'ensemble du sprint de haut niveau, mais aussi le football américain, le basket-ball et la natation. En 1987, une autre hormone, l'érythropoïétine (EPO), fait son entrée en Europe, et, dès l'année suivante, elle est employée lors du Tour de France

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Créée en 1982 et placée sous l’autorité du Premier ministre, la MILDECA est chargée d’animer et de coordonner les actions de l’Etat en matière de lutte contre les drogues et les conduites addictives.

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