


Opiacé obtenu par synthèse à partir de la morphine dont lÆusage abusif détermine rapidement une dépendance physique et psychique importante, l'héroïnomanie. SYN. : cheval, blanche, schnouff ou chnouff en argot des années 1950, junk.
L'héroïne et son usage
L'héroïne se présente comme une poudre blanche et cristalline, contenant rarement plus de 2 % de produit pur. Elle peut être utilisée de diverses façons, la plus courante demeurant l'injection intraveineuse, qui expose à des risques importants (action pharmacologique puissante de la drogue, toxicité des agents de coupe, risque infectieux) mais qui, seule, donne l'effet violent de flash recherché par les usagers. Les doses utilisées sont des plus variables selon le degré de tolérance du sujet : il est fréquent qu'elles excèdent un gramme par jour.
L'héroïne peut également être prisée, la drogue passant alors dans le sang au travers de la muqueuse nasale. Elle peut aussi être fumée dans une pipe à eau, ou une pipe classique, mélangée à du tabac ou à du cannabis. Les vapeurs de l'héroïne base peuvent être inhalées (ce qu'on appelle " chasser le dragon "). Une forme spécifique d'héroïne, appelée tar (" goudron " en anglais) se présente sous forme de petits morceaux pâteux de couleur noirâtre : elle est destinée à être fumée.
Pharmacologie de l'héroïne
Les propriétés pharmacologiques de l'héroïne sont comparables à celles de la morphine, dont elle dérive ; étant plus liposoluble que cette dernière, elle agit plus vite, plus intensément mais de façon plus brève. Elle est rapidement métabolisée en monoacétylmorphine puis en morphine. Lors d'une administration orale, la totalité de la diamorphine est transformée en morphine dans le foie avant même de gagner le cerveau : son administration revient dès lors à administrer de la morphine. La forme basique de l'héroïne (équivalent de ce qu'est le crack à la cocaïne) étant plus lipophile, elle agit plus rapidement, d'une façon plus massive sur les récepteurs aux opiacés centraux et médullaires, mais d'une façon également plus fugace. En revanche, la forme salifiée (chlorhydrate de diamorphine) est plus hydrophile, ce qui facilite son administration par voie injectable. Le mode d'utilisation de la drogue compte au nombre des facteurs qui conditionnent la rapidité d'installation d'une dépendance aux opiacés. L'héroïne est prescrite, dans certains pays, dans deux types d'indications : le traitement des douleurs aiguës et chroniques (posologie moyenne : 5 à 10 mg toutes les 4 heures), et la substitution chez les héroïnomanes. En revanche, son utilisation par les toxicomanes expose à un risque accru de toxicité aiguë (overdose).
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