


(latin hallucinare, se tromper, divaguer). Substance psychoactive dont l'usage est recherché pour sa capacité à induire des hallucinations visuelles, auditives ou, plus rarement, tactiles. SYN. : psychodysleptique. D'autres désignations ont été proposées par divers auteurs, sans jamais s'imposer : délirants, délirogènes, éidétiques, misperceptogènes, mysticomimétiques, phanérothymes, psychédéliques, etc.
Que sont les hallucinogènes ?
Le pharmacologue Louis Lewin désignait comme phantastica ou hallucinatoria les drogues " thaumaturgiques " capables de provoquer des illusions sensorielles. La frontière qu'il proposait entre celles-ci et le groupe des inebriantia était en réalité bien floue : l'alcool, le cannabis et les solvants peuvent, en effet, à forte dose et chez des sujets psychiquement fragilisés, induire des hallucinations. Le terme d'hallucinogène fut proposé en 1954 par les psychiatres américains Hoffer et Osmond et canadien Smythies. Rapidement, Osmond préféra utiliser le terme de psychédélique. En 1959, les psychiatres français Jean Delay et Pierre Deniker introduisirent le terme de psychodysleptique dans leur classification des psychotropes. À la même époque, le terme de psychotomimétique fut également employé par les spécialistes.
Selon Hoffer et Osmond (1967), les hallucinogènes induisent des modifications des perceptions, du cours de la pensée et de l'humeur, mais n'entraînent pas, aux doses usuelles, de confusion mentale, de troubles de la mémoire ou de désorientation à l'égard des personnes, de l'espace ou du temps. Cette approche souffre de notables exceptions. Elle a toutefois le mérite d'éliminer du groupe des hallucinogènes, entendu rigoureusement, des drogues susceptibles d'entraîner des états hallucinatoires, sans que cela soit, et de loin, leur principal effet (opiacés, certains anesthésiques, alcool, cocaïne, tabac dans certaines circonstances, etc.), ou encore des drogues qui induisent, au-delà des simples hallucinations, une perte radicale de contact avec la réalité (plantes de la famille des solanacées par exemple) û et ce, même si l'usage commun range la belladone ou le datura parmi les hallucinogènes.
Mode d'action des hallucinogènes
L'action des hallucinogènes sur les neurones du cerveau fait intervenir de nombreux types de neuromédiateurs, dont l'acétylcholine, la dopamine, la noradrénaline, mais surtout la sérotonine. Beaucoup d'hallucinogènes ont d'ailleurs une structure chimique qui évoque celle de la sérotonine. D'une façon schématique, les hallucinogènes puissants agissent comme des agonistes des récepteurs sérotoninergiques, un groupe de récepteurs abondants dans le cortex.
Classification des drogues hallucinogènes
La plupart des hallucinogènes utilisés sont des végétaux ou des alcaloïdes extraits de ceux-ci ; il s'agit plus rarement des produits obtenus par synthèse chimique. On distingue :
1) Les phényléthylamines. Ce groupe comprend, outre la mescaline et le STP, divers dérivés amphétaminiques dont le type est l'
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