Vous êtes ici

Morphine

16/11/2015

Alcaloïde psychoactif extrait de l'opium, utilisé en thérapeutique comme analgésique, et dont l'usage abusif donne lieu à dépendance.

Histoire

C'est en 1804, à la Cramersche Hofapotheke de Paderborn (Westphalie), qu'un étudiant en pharmacie, Friedrich Wilhelm Adam Sertürner (1783-1841) commença à s'intéresser aux médicaments à base d'opium. En 1805, il en isola un sel cristallisable qu'il baptisa du nom de morphium, par référence au dieu grec du Sommeil, Morphée. Il montra d'emblée l'effet hypnotique de ce sel chez le chien. Ce travail n'en fonda pas moins la chimie des alcaloïdes, qui devait connaître un développement extraordinaire pendant plus d'un siècle.

La formule de la morphine fut proposée en 1925 par Gulland, Robinson et Schöpf. et sa synthèse totale fut effectuée par Gates en 1953 et par Ginsburg en 1954. Elle est trop complexe pour pouvoir se substituer à l'extraction à partir de l'opium ou des capsules de pavot somnifère.

Pincipales actions pharmacologiques

La morphine agit au niveau des cellules comme les endorphines, en se fixant sur des récepteurs membranaires spécifiques (opiorécepteurs). L'action de la morphine sur les récepteurs dépend de la dose, avec un seuil maximal correspondant à la saturation de tous les récepteurs.

La morphine agit au niveau du système nerveux, et plus particulièrement sur le mésencéphale, le bulbe rachidien et la corne postérieure de la moelle épinière. Ses effets pharmacologiques sont notables sur trois grands systèmes physiologiques : le système nerveux central, le système gastro-intestinal et le système cardio-vasculaire.

Les propriétés pharmacologiques de la morphine constituent le type des propriétés pharmacologiques de tous les agonistes opiacés : héroïne, codéine, méthadone, L.A.A.M., dextromoramide, etc. Les propriétés pharmacologiques d'opiacés antagonistes (nalorphine, naloxone, naltrexone) ou agonistes-antagonistes mixtes (buprénorphine) en diffèrent sensiblement.

Au niveau du système nerveux central, la morphine provoque une diminution, voire une suppression de la douleur par une augmentation du seuil de perception de celle-ci. Elle provoque donc un état d'indifférence aux stimuli douloureux

D'autres effets ont aussi pour origine le système nerveux central, mais sont plutôt considérés comme des effets indésirables. Un myosis s'observe chez presque tous les toxicomanes aux opiacés (une mydriase signe, quant à elle, un état de manque ou, surtout, une overdose). Une dépression respiratoire, avec diminution de la fréquence et de l'amplitude des mouvements, est reliée à une réduction de la sensibilité des centres respiratoires, elle-même entraînée par une augmentation de la teneur en gaz carbonique du sang. Cette dépression est la cause essentielle des décès par intoxication aiguë (overdose). Une inhibition de la toux et l'apparition de nausées ou de vomissements sont signalés lors de l'administration de morphine, même à faible dose. Selon les doses, la morphine peut provoquer l'apparition d'un état d'euphorie, voire d'une dysphorie. Ce sont les effe

Retour au lexique