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Crack

16/11/2015

(onomatopée évoquant le bruit que produisent les cristaux de cocaïne en se consumant). Cocaïne sous forme de base libre destinée à être fumée ou, plus exceptionnellement, injectée. Les effets physiologiques déterminés par l'usage de crack sont identiques, en plus puissants, à ceux induits par usage de cocaïne. SYN. : free-base.

La cocaïne sous forme de base libre se volatilise à une température bien moins élevée que sous sa forme salifiée. Cette propriété explique que ses vapeurs puissent être inhalées dans des pipes spéciales (devil's dick, "queue du diable") ou dans un ustensile fabriqué pour la circonstance, le " tuyau ", objet investi d'une valeur rituelle spécifique ou que la drogue puisse être fumée en mélange avec du tabac et/ou du cannabis dans des cigarettes. Le sujet inhale alors les vapeurs, qui gagnent les alvéolaires pulmonaires (elles constituent une surface d'échange dépassant 70 m2) où l'alcaloïde passe dans le sang. L'action sera patente en cinq à dix secondes, de façon plus rapide que lors d'une injection intraveineuse puisque le sang artériel quitte les poumons pour transiter par le c£ur puis l'aorte et gagner directement le cerveau : le circuit veineux est ainsi court-circuité. 15 à 80 % de la dose initiale de cocaïne gagnent les poumons, le reste étant pyrolysé dans l'incandescence de la cigarette. Tout est fonction de la technique d'inhalation.

Le crack peut être préparé par les usagers à partir de cocaïne. C'est aujourd'hui une drogue accessible et peu coûteuse. Il pose un problème de santé publique majeur aux États-Unis, où son faible prix (1 à 3 dollars la dose) le met à la portée des adolescents.

En France, le "cracker" est, selon une enquête de l'IREP (1994), âgé en moyenne de 31 ans, et, dans 35 % des cas, c'est une femme. Il vit isolé (56 % des cas), en foyer ou en meublé, sans diplôme, ne bénéficiant du RMI que dans 33 % des cas et ayant déjà été incarcéré au moins une fois (75 % des cas). Le crack est consommé quotidiennement pour plus de 30 % des individus, associé à de l'héroïne chez 90 % des sujets, à de l'alcool (77 %) ou à des opiacés de substitution chez 42 % d'entre eux.

L'effet de l'utilisation du crack est différent de celui induit par la cocaïne. Comme la drogue est inhalée sous forme de vapeur, elle agit en quelques secondes, alors que la prise nasale de la poudre exige quelques minutes pour produire son effet. L'action est elle aussi très brève, de l'ordre de cinq à quinze minutes.

Les consommateurs recherchent une sensation fulgurante, proche du flash induit par l'injection de drogue, mais dont la fugacité des effets les pousse à recommencer l'administration du produit rapidement et de façon compulsive. L'utilisation de cette forme de cocaïne induit une dépendance rapide, plus forte que lorsque l'alcaloïde est simplement "sniffé".

Les conséquences de l'utilisation du crack sont celles, exacerbées, de la prise de cocaïne sous forme salifiée. Certains signes pulmonaires sont caractéristiques toutefois à l'usage de crack. Il s'agit de lésions pulmonaires accompagnées d'une dyspnée et de douleurs violentes qui constituent un motif de consultation en urgence. Une forte fièvre peut compléter le tableau. Lorsqu'une cause infectieuse est éliminée par la radiographie, ce syndrome du "poumon à crack" (crack lung) peut être soulagé par l'administration de fortes doses d'anti-inflammatoires. Une hémorragie intra-alvéolaire peut assombrir rapidement le pronostic vital.

La toxicité importante de cette drogue est largement aggravée encore par les conditions de vie de ses usagers. En France, 50% des usagers de crack sont séropositifs pour le VHC, 27% pour le VHB et 25% pour le V

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