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Cocaïne

16/11/2015

Alcaloïde psychoactif extrait de la coca et pourvu de propriétés psychostimulantes dont l'usage peut donner lieu à dépendance. SYN. : coke, blanche, coco, neige.

C'est un chimiste allemand, Albert Niemann (1834-1861), qui isola la cocaïne en 1860. Rapidement, les progrès de la chimie permirent de produire en quantité cet alcaloïde, ce qui autorisa de nombreuses applications médicales du produit, à travers le recours à l'injection hypodermique. Le physiologiste Von Anrep montra en 1879 que la cocaïne exerçait chez l'animal des effets engourdissants et occasionnait une mydriase. Sigmund Freud persuada un ophtalmologiste, Carl Koller, d'expérimenter la cocaïne lors d'une intervention chez l'homme. Ce qui fut fait en 1884, avec un plein succès. Le monde médical s'enthousiasma pour l'alcaloïde miraculeux. D'autres possibilités d'utiliser la cocaïne en anesthésie furent rapidement découvertes.

Par ailleurs, on avait découvert les propriétés psychostimulantes du produit. Dès 1880, la cocaïne était devenue populaire. Elle était administrée comme tonique (elle entra dans la formule du Coca-Cola® et du Vin Mariani), comme traitement d'un grand nombre d'affections et comme désintoxiquant chez l'alcoolique, l'opiomane et le morphinomane. Freud ne fit donc que se faire le promoteur d'un usage qui existait déjà, mais il le fit avec des ambitions inédites. Il préconisa la cocaïne dans les indications les plus variées (stimulation physique et mentale, indigestion, cachexie, impuissance, etc., et, surtout, morphinisme et alcoolisme), tout en étant impliqué dans la découverte de ses propriétés anesthésiques.

C'est le 30 avril 1884 que Freud utilisa pour la première fois l'alcaloïde. Rapidement, il en vint à en consommer lui-même de grandes quantités et le recommanda à un ami et collègue morphinomane, Ernst von Fleischl-Marxow, pour essayer de le désintoxiquer. Mais Freud fut rapidement conduit à s'interroger sur la toxicité du produit (Fleischl-Marxow décéda d'une intoxication aiguë). L'engagement de Freud en faveur de la cocaïne le plaça en situation délicate et cela explique la discrétion longtemps maintenue autour des travaux publiés par Freud sur la question. Ces derniers consistent d'abord en une collection d'observations diverses, Über Coca, publiée dès 1884. L'année suivante, en 1885, Freud publia une Contribution à la connaissance de l'action de la cocaïne, concluant que la cocaïne donnait une agréable sensation de bien-être et améliorait indirectement la motricité. Il publia un dernier article sur la cocaïne en 1887, Cocaïnomanie et cocaïnophobie, où il exprime sa conscience du danger que représente l'utilisation de la cocaïne par voie injectable et reconnaît avoir commis, à cet égard, une erreur de jugement. Il semble pourtant que le neurologue viennois continua à consommer la drogue jusque vers 1895, année de la publication de l'Interprétation des rêves. Il n'eut en fait personnellement guère de problèmes somatiques liés à l'utilisation de la drogue.

Les observations de Freud sur la cocaïne, quantitativement mineures dans son travail, résument tous les aspects de la réflexion contemporaine sur les drogues, avec ses contradictions, interrogations et points de suspension, dans le cadre d'une approche expérimentale par ailleurs rigoureuse.

Pharmacologie

La cocaïne bloque le transporteur de la dopamine, c'est-à-dire la protéine de la membrane des neurones permettant la recapture du transmetteur dans l'espace synaptique et sa " récupération " par le neurone qui l'a libéré. La cocaïne entraîne donc une importante augmentation des concentrations extracellulaires du neurotransmetteur

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