Il est question de conduites dopantes lorsqu'une personne consomme une substance pour affronter un obstacle, réel ou ressenti, ou/et pour améliorer ses performances, qu'elles soient physiques, intellectuelles, artistiques... Il n'existe pas une, mais une multitude de conduites dopantes.

Les conduites dopantes peuvent potentiellement mener à l’addiction ou au dopage proprement dit, en fonction des consommations ou des vulnérabilités : ainsi on peut parler de conduite dopante pour l'étudiant qui consomme des vitamines de façon ponctuelle en vue d’un d'examen et de dopage pour le sportif qui consomme régulièrement des substances telles que des anabolisants pour développer sa musculation ou des gluco-corticostéroïdes pour repousser les limites de la fatigue.

LE DOPAGE

Il ne concerne que les sportifs qui, dans le cadre de compétitions ou de manifestations organisés par les fédérations, utilisent des substances ou des méthodes inscrites sur une liste établie chaque année par l’Agence mondiale anti dopage (AMA).

Pour certains médicaments interdits, en absence d’alternative thérapeutique pour se soigner, il peut être délivré au sportif une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) délivrée par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) pour un sportif de niveau national et par la fédération internationale pour le sportif de niveau international.

 

Les raisons qui peuvent mener au dopage

De nombreux facteurs interviennent dans les motivations des usagers et prédisposent à une conduite dopante et/ou au dopage sportif :

  • Garçons ou filles : les filles consomment plus fréquemment des produits (vitamines, médicaments, etc.) pour améliorer leurs performances intellectuelles et scolaires, alors que les garçons consomment deux fois plus que les filles des produits pour améliorer leurs performances physiques et sportives
  • L’âge : le nombre d'usagers augmente au cours de l'adolescence
  • Les pairs/le milieu familial : le comportement des aînés vis-à-vis des substances psychoactives est important
  • L’obligation de résultats
  • La pression ou le désintérêt de l'entourage vis-à-vis des résultats
  • L'isolement social et l’influence d’un entourage mal intentionné : l'éloignement du domicile, des lieux d'études, de travail
  • Le système de classement dans le milieu sportif, la pression liée aux besoins de performances et la recherche de célébrité
  • Les amis, les collègues de travail : le besoin de s'intégrer

 

Les produits dopants

Il ne sera question ici que des produits interdits par le code du sport, mais également par le code de la santé publique.

La liste complète des substances et méthodes interdites est accessible sur le site du ministère du sport.

 

Un exemple de produit dopant, stimulant : la cocaïne

Les stimulants sont consommés pour accroître la concentration, réduire la sensation de fatigue ou de faim. Ils augmentent l'agressivité et font perdre du poids. Ces produits interviennent sur le système cardiovasculaire et neurologique. Leur consommation peut entraîner des troubles psychiques, tels que des hallucinations. Le dépassement du seuil physiologique de la fatigue entraîné par l'usage de ces substances peut provoquer des états de faiblesse pouvant aller jusqu'à l'épuisement, voire jusqu'à la mort.

 

Deux exemples de narcotiques pouvant être utilisés à des fins dopantes : le cannabis

Ces substances assoupissent et engourdissent la sensibilité. Ils sont utilisés pour supprimer ou atténuer la sensibilité à la douleur, et provoquer une impression de bien-être (antistress). Ils entraînent des effets nocifs : risques de dépression respiratoire, d'accoutumance et de dépendance physique, diminution de la concentration et de la capacité de coordination.

 

Depuis quelques années de nombreux contrôles positifs au cannabis ou à ses dérivés ont été constatés chez les sportifs. Avec le cannabis, l’amélioration de la performance est recherchée grâce à l’effet antistress mais également la « récupération » après les entrainements ou les compétitions. Dans ces cas, les effets attendus en matière de dopage sont :

  • Anti douleur
  • Décontracturant
  • Anti nauséeux
  • Antistress, euphorie, sentiment de bien-être
  • Anti anorexie

Mais il faut savoir que des effets moins attendus peuvent aussi se manifester, tels que :

  • Le cannabis peut être détecté dans les urines longtemps après la consommation
  • Des troubles de la coordination
  • Des temps de réaction allongé
  • Une somnolence, des troubles de l’attention
  • La dépendance et des états psychotiques

 

L’AUTOMEDICATION

L’automédication, c’est prendre des médicaments sans l’avis d’un médecin. Cela peut avoir des conséquences dommageables : effets indésirables dans le cadre d’une pratique sportive, composants classés dans la liste des produits dopants.

Avant de prendre, sans avis médical, un médicament, un sportif doit porter une attention particulière aux points suivants :

  • Le médicament est-il adapté à sa condition de sportif ?
  • Lors de l’achat du médicament, toujours préciser au pharmacien qu’on est sportif.

Mais même en cas de prise d’un médicament prescrit par un médecin et toujours s’assurer que la ou les substance(s) active(s) ne figure(nt) pas sur la liste des substances interdites ainsi que le nom du médicament ne figurent pas dans la base de données de l’AFLD.

Et surtout,

  • ne jamais prendre un médicament ou un produit (compléments alimentaires, boissons, etc.) inconnu, ou fourni sans son emballage d’origine ;
  • ne jamais prendre un médicament ou un produit même s’il est donné par un ami pour "dépanner".
  • ne jamais accepter ou utiliser un produit (complément alimentaire, médicament, etc.) d’une personne inconnue, même s’il est scellé.
  • lorsqu’on achète un complément alimentaire, toujours s’assurer que le produit répond à la norme NF V 94-001 mentionnée sur l’emballage.

 

COMPLEMENTS ALIMENTAIRES, BOISSONS ENERGISANTES

Ces denrées alimentaires sont autorisées à la consommation. Elles sont néanmoins soumises à la surveillance des pouvoirs publics, notamment celle exercée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) reçoit les déclarations des effets indésirables ou inattendus.

 

Les compléments alimentaires

Ils visent à compléter l’alimentation courante. Leur mise sur le marché doit être autorisée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Sur leur emballage doit figurer la mention « complément alimentaire » ainsi que la composition. Selon l’Anses, une alimentation équilibrée et diversifiée suffit – en règle générale – à apporter tous les nutriments nécessaires à la santé. Il n’y a donc pas, pour l’essentiel de la population, de bénéfice avéré à consommer des compléments alimentaires. Par ailleurs, des effets indésirables susceptibles d’être liés à leur consommation ont été rapportés, particulièrement pour les compléments alimentaires non autorisés, et commandés sur Internet. Par ailleurs, pour les sportifs désireux de recourir à des compléments alimentaires ou autres denrées alimentaires, il est recommandé de sélectionner ceux répondant à la norme AFNOR NF V 94-001 pour avoir la garantie de l’absence de substance dopante.

 

Les boissons dites « énergisantes »

Ce terme marketing désigne des sodas enrichis en substances déjà présentes dans l’alimentation (taurine, vitamines, etc.) et qui ont essentiellement en commun leur forte teneur en caféine. Une cannette de 25 ml de boisson « énergisante » contient autant de caféine que deux expressos. Cette composition en fait des boissons "excitantes" qui peuvent – notamment lorsqu’elles sont associées au sport ou à l’alcool – provoquer des accidents cardiaques graves. De plus, ces boissons n’apportent aucun avantage pour le sportif.

 

PERFORMANT(E) SANS PRODUIT, EST-CE POSSIBLE ?

Il est évidemment possible d’être performant(e) sans produit. Certains procédés naturels ne présentant pas de risques pour la santé et respectant les principes éthiques et les règles du sport, permettent d’obtenir les résultats souhaités, parmi lesquels :

 

Une hygiène de vie adaptée

  • Sommeil régulier et en quantité suffisante.
  • période de repos en cas d’éventuelles blessures ou fatigue.
  • Alimentation saine, équilibrée et variée (avec une hydratation suffisante).
  • Absence de prise de toxiques (tabac, cannabis, alcool, etc.).
  • Séances d’entraînement selon un calendrier équilibré.

 

Une bonne attention et une écoute de son corps

La fatigue anormale et la douleur sont des signaux d’alerte qu’il ne faut jamais négliger et qui doivent inciter à demander l’avis d’un médecin.

 

Un entourage soucieux de la personne plus que de ses résultats

Famille, amis, et pour le sportif : entraîneur, coéquipiers, médecin.