La réduction des risques s’adresse avant tout aux consommateurs actifs de substances psychoactives licites et illicites et à leurs proches.

Développée au cours des années 1980, dans le contexte de l’épidémie de VIH chez les usagers injecteurs d’héroïne, la RDR a progressivement intégré d’autres registres d’action concernant d’autres produits, comme les initiatives développées autour des risques liés à l’alcool.

 

La RDR envisage tous les types de risques associés à la consommation de substances psychoactives. Elle prend ainsi en compte :

  • les risques somatiques : accidents, surdoses, contaminations par le VIH, les virus des hépatites B et C, des bactéries ou des champignons, etc.
  • les risques psychiatriques : troubles anxieux, troubles dépressifs, troubles de l'humeur, psychoses, etc.
  • les risques sociaux : violences, insécurité routière, exclusion, précarité.
  • Les risques judiciaires : poursuites pénales,  incarcération

La réduction des risques se réclame d’une démarche de santé publique pragmatique en ce qu’elle entend limiter les risques liés à la consommation, sans nécessairement avoir comme premier objectif le sevrage et l’abstinence.

Elle vise à encourager l’usager à adopter autant que possible des comportements moins nocifs pour sa santé. Elle prend en compte les contextes dans lesquels les substances sont consommées (isolément ou en groupe, en milieu festif ou dans la rue...) et les profils des consommateurs. La connaissance des motivations et des conditions dans lesquelles les personnes sont amenées à consommer est en effet nécessaire pour définir les stratégies efficaces de réduction des risques.

La RDR se conçoit comme une « palette » d’outils pouvant être adaptés au gré des besoins de la personne qui consomme des produits psychoactifs :

  • information sur les risques associés à l’usage des substances psychoactives
  • mise à disposition de matériel stérile (seringues notamment) et récupération du matériel utilisé dans des structures spécialisées, par des associations, dans des pharmacies ou via des automates
  • recommandations de pratiques visant à éliminer ou réduire certains risques : non-partage du matériel, choix des points d’injection, promotion de méthodes alternatives moins dangereuses, etc.
  • accès à des médicaments de substitution pour les consommateurs d’opiacés
  • accès à des informations visant la diminution des consommations,
  • offre de services sanitaires, par exemple des soins infirmiers, le dépistage de maladies infectieuses...
  • accueil, écoute, soutien psychologique, orientation vers des services sociaux (accès à l'emploi, au logement, etc.)

L’accueil des usagers de drogues, sans prérequis de sevrage et d’abstinence et sans jugement, est un principe essentiel de cette démarche qui vise à créer des liens et à mettre à disposition différentes ressources (information sur les produits et les pratiques, écoute, orientation) afin que la personne accueillie soit en disposition d'agir dans un sens favorable à son état de santé. L'accueil est également anonyme et gratuit.

Les intervenants de RDR sont également présents dans les endroits où les consommations sont fréquentes (rassemblements festifs) ou cachées (squats), afin de rentrer en contact avec des usagers qui ne viennent pas spontanément vers les points d’accueil.

 

LES SALLES DE CONSOMMATION A MOINDRE RISQUE

C’est dans cette logique que s’inscrit le projet d’expérimentation et d’évaluation de « salles de consommation à moindre risque » (SCMR) aussi appelées « salles de shoot », destinées aux usagers de drogues les plus précarisés. Ce type de structure, a un double objectif de santé publique (assurer des conditions d’hygiène permettant de réduire les risques, notamment infectieux, liés à leur consommation, et de sécurité publique (réduction des nuisances pour les riverains).