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La polyconsommation désigne le fait de consommer, avec une certaine fréquence, au moins deux substances psychoactives.

Les consommations sont souvent associées soit par un effet d'entraînement, soit pour la recherche de sensations, soit encore pour atténuer les effets de certains produits.

Ainsi, elle englobe des conduites variées d’associations de produits dont les dangers sont souvent méconnus : conjugués, les effets des produits sont modifiés, entraînant des risques plus graves pour la santé. Le nombre de combinaisons et les problématiques différentes rendent donc ce problème difficile à traiter.

Elles concernent des situations cliniques et/ou des patients très différents :

  • les consommations peuvent s’associer ou se succéder dans le temps,
  • la consommation d’un produit peut prédominer ou pas,
  • les catégories de comportements d’usages peuvent être différentes selon les produits consommés,
  • on peut être dépendant à un produit mais pas à l’autre.

La polyconsommation engendre des problèmes spécifiques, du fait de sa fréquence, car elle peut amplifier les risques sanitaires et sociaux aussi bien en termes de risques aigus qu’en termes de risques chroniques, car elle entraine une aggravation des conduites de consommation :

  • il y a un risque accru d’évolution vers un usage nocif ou une dépendance, que ce risque soit lié au patient, aux produits et/ou à l’environnement,
  • il apparait un renforcement réciproque des conduites de consommation ou du risque d’interaction et de potentialisation entre les substances (en cas d’intoxication aigüe le diagnostic devient difficile à établir et le traitement délicat),
  • on constate une influence réciproque des produits et des traitements avec le risque de transfert de la dépendance, de l’augmentation de la consommation d’un produit après arrêt ou substitution d’un autre, et celui de rechutes en cascade.

Ces nouveaux profils de consommations impliquent la mise en œuvre de stratégies de prise en charge adaptées. En effet, la polyconsommation complique la prise en charge car :

  • il est difficile de mener des sevrages multiples, simultanés ou séquentiels,
  • il y a un risque d’apparition de consommations dites de substitution (prise d’alcool après sevrage des opiacés par exemple),
  • on voit apparaitre également un usage détourné des prescriptions de benzodiazépines utilisées pour les sevrages.

 

Les difficultés de la prise en charge des polyconsommations sont réelles car elle tend à rester organisée par produit. Il est essentiel que l'approche par comportements d'abus et de dépendance, plutôt que par produits, s'intensifie et se généralise de façon à prendre en compte, au-delà de la substance psychoactive d'appel, l'ensemble des conduites addictives repérées et évaluées.

Si, malgré les efforts d’information, la personne préfère la prise en charge de l’usage problématique d’une seule substance psychoactive, cette prise en charge ne peut lui être refusée a priori et les structures de soins, tant les CSAPA que les Consultations jeunes consommateurs ont pour mission de traiter toutes les consommations chez les patients qu’elles accueillent, et de tenir compte de leurs attentes.

 

Quelques exemples de polyconsommation

 

ASSOCIATIONS DE PRODUITS RISQUES IMMÉDIATS / À COURT TERME
Alcool + cannabis 

Risques d’accidents démultipliés (conduite de véhicules, utilisation de machines) :

• Conduire sous cannabis double le risque d’être responsable d’un accident mortel.

• Conduire après avoir bu de l’alcool multiplie par 8,5 ce risque.

• Conduire après avoir « cumulé » cannabis et alcool multiplie par 15 ce risque.

Risque de crise d’angoisse ou de panique accru chez certains usagers.

Alcool + médicaments psychoactifs  Risque de somnolence et d’accidents (conduite de véhicules, utilisation de machines).
Alcool + cocaïne  Risque de coma éthylique accru, risques cardiaques accrus (troubles du rythme cardiaque, infarctus, arrêt cardiaque…).
Alcool + ecstasy  Risques cardiaques accrus, risque de déshydratation et d’hyperthermie accru.
Alcool + héroïne  Risques de surdose accrus.
Cocaïne + cannabis 

Risques cardiaques accrus. Chez certains usagers, risque de crise d’angoisse ou de panique accru.

Cocaïne + ecstasy  Risque de « surchauffe » du cerveau et de l’organisme, déshydratation importante.
Cocaïne + amphétamines Risque de « surchauffe » du cerveau et de l’organisme, déshydratation importante, risques cardiaques accrus.
Héroïne + certains médicaments psychoactifs Risque de surdose accru.

Héroïne + cocaïne

Héroïne + amphétamines

Risques cardiaques accrus, risque de surdose accru.