Le stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants est une sanction située entre la poursuite pénale et le suivi médical. Elle élargit la palette des choix pour un traitement différencié et individualisé en matière d’usage ou d’incitation à l’usage de produits stupéfiants. Ce stage est une mesure dont la portée pédagogique est recherchée.

Les objectifs de ce stage sont multiples. Il s’agit d’induire une prise de conscience des risquesliés à l’usage des drogues sur le plan sanitaire ainsi que les implications pénales et sociales de cette conduite, afin de décourager les consommations et d’éviter notamment l’installation des usages problématiques. Le public visé par ces stages pédagogiques est essentiellement l’usager peu ou pas encore dépendant échappant au dispositif d’obligations de soins.

Il s’agit de stages d’information éducationnelle, sur le mode collectif et non de moments individuels d’évaluation tels qu’ils se déroulent au cours d’une consultation médicale
Par ailleurs, ce stage est l’occasion de rappeler aux stagiaires, qu’en cas de réitération ou de récidive, les sanctions encourues pourraient être d’une autre nature.
Enfin, le stage peut être le moment privilégié pour que l’usager réfléchisse sur sa consommation, en présence de professionnels de santé et, éventuellement, puisse amorcer une démarche de soin dans une structure spécialisée. 

Prévue par l’article L 131-35-1 du code pénal et par les articles R131-46 et R131-47 du code pénal en application du décret n°2007-1388 du 26 septembre 2007, le stage de sensibilisation peut être proposé par le ministère public au titre des mesures alternatives aux poursuites et de la composition pénale. L’obligation d’accomplir le stage peut aussi être prononcée dans le cadre de l’ordonnance pénale et à titre de peine complémentaire. Elle est applicable à tous les majeurs et aux mineurs de plus de 13 ans.
A ce jour, les frais du stage, à la charge du condamné, sont compris entre 150 et 250 euros sans toutefois pouvoir excéder le montant de l’amende prévue pour les contraventions de 3ème classe, soit 450 euros. En cas de non-paiement des frais ou en cas de non présentation au stage, l’usager s’expose à des poursuites judiciaires.
Ce stage peut également être proposé à toute personne faisant l’objet d’une interpellation pour une autre infraction mais dont l’audition révèle un usage occasionnel de produits stupéfiants.