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Le dossier de candidature de Sophie Bavard a été sélectionné pour son projet de thèse intitulé « Mécanismes computationnels de l’addiction à la nicotine : distorsions des valeurs et prise de décision ».
Sophie Bavard sera encadrée par le professeur Stefano Palminteri, Laboratoire des Neurosciences Cognitives INSERM U960, ENS.

Résumé : « Le projet aborde la question de l’addiction à la nicotine chez l’Homme et la compréhension de son mécanisme cognitif. D’après la littérature, l’addiction est une pathologie résultant d’un dysfonctionnement de l’apprentissage par renforcement, le processus cognitif qui permet de maximiser les événements plaisants (récompenses) et de minimiser les événements désagréables (punitions). A l’aide de modèles mathématiques, il a été montré que dans l’apprentissage, il existe un phénomène de contextualisation des récompenses et des punitions, c’est-à-dire que nous ajustons notre choix en fonction des options proposées, dans chaque situation. Ainsi, nous voulons d’une part caractériser la modification de ce phénomène, engendrée par l’addiction ; d’autre part nous voulons déterminer l’impact du contexte socio-économique sur les stratégies de prise de décision (prédisposition, inégalités sociales, prévention). Pour ce faire, nous allons utiliser des modèles mathématiques récemment développés par notre équipe, ainsi que des expériences avec tests comportementaux à grande échelle réalisés sur internet (environ 3000 sujets), en établissant la base pour un suivi de chaque participant. Par son approche innovante et multidisciplinaire, le projet aura pour conséquence le développement de nouveaux outils permettant de caractériser les phénotypes cognitifs de l’addiction au tabac. A long terme, les résultats pourront nous permettre de prédire la possibilité de réussite ou d’échec dans le fait d’arrêter de fumer ».

Une édition 2017 axée sur le tabac

L’appel à contrats doctoraux 2017 était pour la première fois soutenue par la Direction générale de la santé dans le but de développer un vivier de jeunes chercheurs mobilisé sur les enjeux de santé publique et de recherche inscrits à l’agenda du Programme national de réduction du tabagisme (PNRT) qui a notamment pour ambition d’agir pour protéger les jeunes et éviter l’entrée dans le tabac, aider les fumeurs à s’arrêter et agir sur l’économie du tabac.  

Trois axes organisaient cet appel à contrats doctoraux, deux axés sur le tabac et un troisième, transversal, sur les addictions :

« Politiques publiques de réduction du tabagisme »

  • Analyse de la formulation du problème social du tabagisme en priorité d’actions politiques
  • Analyse de la perception sociale des politiques de régulation du tabagisme, dans quelle mesure les acteurs acceptent-ils l'intervention régulatrice des autorités publiques ?
  • Analyse de l’efficacité des interventions de l’Etat pour réduire le tabagisme (prévention et dénormalisation, réglementation des produits et de leur emballage etc.)

« Industrie du tabac, stratégies marketing et lobbys »

  • Analyse des stratégies industrielles, développement de nouveaux produits du tabac ; place de la cigarette électronique
  • Analyse des stratégies d’influence déployées à l’encontre de mesures de santé publique (ex paquet neutre et désinformation scientifique) ; éthique et lobbys

« Environnement social et prévention des consommateurs »

  • Différenciation des groupes de consommateurs, polyconsommation, évolution des comportements, inégalités sociales et addictions
  • Diversité des méthodes de prévention et confrontation de leurs effets, impact des nouvelles formes de prévention via les réseaux sociaux et les campagnes de contre marketing social sur les groupes vulnérables (précaires jeunes)